Guilde RP du serveur Kirin Tor sur WOW
 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Une bête de foire.

Aller en bas 
AuteurMessage
Lysange Delabay

avatar

Féminin Messages : 288
Date d'inscription : 14/05/2018

MessageSujet: Une bête de foire.   Mer 23 Mai - 18:55


Elle était tellement fière d’avoir pu entendre Papy Marcel raconter des histoires sur « Le Grand Manitou » qu’elle n’avait pas su attendre.

Le soir même, après avoir discuté avec un ami qui n’était pas assez intéressé à son goût par ce type d’histoires, elle était allée voir du côté des communs du domaine pour raconter ce qu’elle avait entendu. Après tout, elle pouvait bien y retourner en soirée ! Ce n’était pas parce qu’elle avait conservé son petit studio dans le quartier mage qu’elle n’avait pas le droit de voir ses collègues au repos. C’est donc en fin de soirée qu’elle débarqua, espérant bien trouver quelques oreilles attentives.

Dans la salle commune du rez-de-chaussée, éclairée de quelques bougies déjà bien consumées, il y avait là une demie douzaine d’employés, des hommes, dont le fermier Tom, qu’elle avait remercié pour le jus de pommes, et le forgeron Nealson, qui la regardait comme si elle était auréolée d’une lumière venue d’un autre monde, tous ravis de la voir débarquer pour illuminer de son babillage leur fin de journée laborieuse.

« Si, je te dis !!! C’est ce que Papy Marcel a raconté !!! Traites moi de menteuse tant que tu y es !!! ». Le forgeron la regardait d’un petit air goguenard, tout prêt à la voir s’enflammer et rosir de confusion quand elle se mettait dans tous ses états. « Mmh... à mains nues, un ours... grand comment, parce que tu n’es pas très grande, Lyly, tu sais. Et le Tauren... tu es sûre que c’était pas un gamin qui sortait des jupons de sa mère ? »

Elle avait déjà raconté rapidement les histoires entendues de la bouche du vieil homme face au journaliste venu l’interviewer, et son cerveau bouillonnait de toutes ces informations qu’elle n’en pouvait plus de garder en elle. D’un bond elle se leva et entreprit de mimer les scènes.

Au milieu de la grande pièce, échevelée sous le coup de la tension qui l’animait et des gestes vifs qu’elle faisait régulièrement pour se « recoiffer », elle se mit dans la position d’un homme au combat, mimant la taille du patron, ses bras gros comme des cuisses, sa bedaine qui dépassait du ceinturon, son regard de tueur quand il se mettait en colère, mais taquin quand il estimait avoir été bien compris, les pieds écartés comme plantés dans le sol, prêt à affronter les plus grosses bêtes du monde connu, une véritable montagne vivante.

« Comme ça il était ! Tu vois, juste ses poings nus face à des monstres!!! Une bête ce gars-là, moi j’vous dis !!! Papy Marcel il a dit qu’il se lance des défis parce que ça le motive !!! ». Elle y croyait dur comme fer, ayant de toute évidence imaginé la scène en écoutant Marcel Pignac, et se l’étant peut-être même rejouée plusieurs fois depuis.

Les gars se marraient, gentiment, tout en la reluquant. Il faut dire que le spectacle valait le coup d’œil ! La jeune scribe avait ôté son gilet d’un « fait trop chaud là !!! » et ne prêtait guère attention à son chemisier qui baillait sur un sous vêtement de dentelle blanche de Dalaran, très seyant et tout à fait au goût de ses collègues. « Mais il a raconté quoi, Papy Marcel ? Ça se passait à la foire tu dis ? »

Jambes pliées, prête à en découdre avec un orc imaginaire, Lysange se redressa d’un bond. Elle fit face à l’employé qui venait de poser la question et ânonna, comme une institutrice exaspérée, mains posées sur les hanches et regard noir, l’histoire racontée par Marcel Pignac.

« Il sait établir un rapport de force et il gagne la plupart du temps. Mais un jour, à la foire de Sombrelune où avec son père il présentait des animaux extraordinaires, un orc et un tauren ont voulu se battre avec lui. Le tauren ça allait, l'orc non. Il a failli le tuer, il l'a mis au sol et l'a épargné, se croyant victorieux. Il lui a tourné le dos, et l’autre lui a sauté dessus. Finalement tout le monde s'en est sorti, ça manquait juste de loyauté et il n’a jamais digéré. Alors il s'est dit que la Foire était trop petite pour lui, et surtout par rapport à tous ces continents qui regorgeaient de bêtes de toutes sortes. Et il a pris la route, faisant ses démonstrations au fil des petites villes, un peu comme une petite foire qui bouge. Il a croisé des gens et plusieurs ont voulu lui acheter des bêtes. C'est là qu'il s’est aperçu qu'il pouvait faire beaucoup car il avait ce don avec les bêtes. Alors il a voulu se lancer, et le père, qui commençait à fatiguer, a décidé de le suivre et moi j'ai accroché la 'caravane' ».

Les garçons s’étaient tus, amusés mais surtout médusés par l’intensité avec laquelle la jeune femme retranscrivait l’entretien auquel elle avait assisté. « Donc en fait, Papy il était avec le père et il a suivi le fils. Ça explique pourquoi il lui est tellement attaché. Mais ça fait combien de temps qu’il les connaît ? »

Se recoiffant et vidant son verre de jus de pommes avant de s’asseoir lourdement, vidée, Lysange les regarda tour à tour.  « Plus de 15 ans il a dit, et le grand patron il en a dans les 30-35, donc il le connaît depuis qu’il a 15 ans, et il le suit, lui, et pas le père, depuis cette histoire de la foire, partout dans le monde. »

Les employés observaient la jeune femme, tout à coup conscients qu’elle venait en quelques minutes de leur délivrer plus d’informations qu’ils n’en avaient jamais eues. Nealson la resservit et la remercia d’un regard doux, attendri peut-être même. « Et bien... quelle histoire ! Mais alors c’est vrai, ce qu’on dit, que c’est un type qui vient de loin ? Presque pas humain ? »

Lysange le regarda, comme remontée, de nouveau prête à en découdre.  « Bien sûr que si c’est un humain ! C’est juste qu’il vient de cette île qu’est loin, tu sais ? Pas loin de Gilnéas, Kul Tiras elle s’appelle. Il paraît qu’ils sont tous un peu différents de nous, soit plus gros et grands, soit tout le contraire. Lui c’est le grand modèle.». Les employés échangèrent quelques regards perplexes, elle explosa. « Mais si, ils sont humains, je vous dis ! C’est juste qu’ils ont récupéré des trucs de magie noire qu’on connaît pas, une magie d’y’a très longtemps, d’un peuple qui vivait sur l’île avant que les Gilnéens débarquent. Peut-être que ça les a changés ? »

Les hommes savaient tous que « Le Patron », sous des dehors de bête de foire capable de les assommer d’un seul coup de poing, savait faire preuve de toute l’humanité nécessaire pour mettre petits et grands dans sa poche, sourire en prime. Après tout, quelle importance qu’il fut ceci ou cela, c’était le patron et c’est lui qui commandait.

Tom se leva en premier, expliquant qu’il devait se lever aux aurores, les autres suivirent, laissant Nealson en dernier seul avec la scribe. Tout en rangeant verres et bouteille il l’observait qui remettait son gilet, épuisée. « Tu m’as l’air bien fatiguée. Tu veux que je te raccompagne jusque chez toi ? ».

Lysange regarda le forgeron et secoua la tête avec un gentil sourire. « Nan, merci. Je veux pas t’embêter. Mais c’est gentil de proposer ».Elle se dandinait sur le perron, mal à l’aise.

« Ça me fait plaisir, Lyly. Ça m’embête pas du tout. Mais j’insiste pas, t’inquiète ». Sur ce il lui adressa un sourire, assorti d’un très léger clin d’oeil et d’un mouvement sur le front, comme s’il soulevait un chapeau imaginaire, et rentra dans la maison commune, le pas décidé. « A demain ! ».


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Une bête de foire.
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Foire d'Eghezée avec rassemblement vieux tracteurs 14 Août 2011
» Foire de la montagne : mettre en valeur les potentialités
» La Foire St Michel
» Foire Aux Questions
» [Archive 2008] 23 & 25 mai - La Foire Saint-Germain à Paris

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LA MAISON FOSSARD :: Les rumeurs incessantes, faits et gestes de tous ceux qui passent ... :: Au fil des jours-
Sauter vers: