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 La Maison FOSSARD au fil des jours

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Kiel d'Althain

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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyDim 24 Juin - 10:36

Enfin ! Enfin la fin des travaux tant attendue ! Les hommes d'Arzen avait travaillé dur, sous l'ardent soleil du sud, pour achever la construction du troisième enclos pour les bêtes les plus sauvages. Malgré les difficultés d'assemblage et la vitesse nécessairement bridée pour couler les plaques de véracier, l'oeuvre avait su trouver son rythme et une fin tard dans l'après-midi d'hier. Une bonne heure pour préparer une petite fête entre travailleurs et membres du domaine, où la bonne chère rustique d'Alterac avait été apportée pour sustenter tout le monde. A minuit tout le monde avait regagné son lit pour se préparer au rangement demain et au retour au pays.

Une affaire rondement menée, le contremaître lâchant également une bonne nouvelle, une reprise de contact de la Famille ducale concernant leur commande dans les prochaines semaines.
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La pie raconteuse

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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyVen 29 Juin - 13:57



Mais quel bazar !!!

Toute la Maison Fossard était en émoi depuis le retour du Grand Marché du mardi. En effet les jumelles, accompagnées de Lysange, avaient présenté des Raptors récemment dressés, comme il avait été convenu par l’intendant et les organisateurs du marché en début de mois, et voilà que les trois femmes avaient été menacées, intimidées, insultées et même agressées, du moins en intentions, par un paquet de nains belliqueux de la Guilde du Fer.

Sous prétexte que l’un d’entre eux, copiant lamentablement le projet d’Oscar Fossard de vendre des bêtes du monde entier, était venu avec des chèvres, il n’acceptait pas de voir les jumelles vendre les Raptors en arguant qu’il était détenteur d’un droit sur la vente de bêtes exotiques.

Il y avait eu attroupement, menaces de mort à l’encontre des bêtes, intimidations des jumelles, trahison de l’organisatrice elle même intimidée par le nain, tentative de soudoyer Lysange, intervention de la Garde Urbaine... nul doute que le spectacle de la Maison Fossard, injustement attaquée par la Guilde du Fer, avait créé une animation digne des spectacles de Grand Guignol donnés aux enfants de la ville certains soirs de fête.

En dehors du fait qu’une chèvre bénéficie pour la Guilde du Fer du label « exotique » avait de quoi amuser la galerie pendant un bon moment, le retour au domaine avait été l’occasion pour l’ensemble des employés encore présents d’une bonne rigolade teintée néanmoins d’un mépris profond pour l’attitude décidément atterrante des nains du Fer.

Pire ! Le lendemain soir, les deux jumelles s’étant octroyé une petite sortie en ville, avaient été repérées par les cognars du Fer et probablement poursuivies jusqu’à la Chope, puis volontairement provoquées, insultées et même violentées en plein milieu de l’auberge où le videur avait dû finalement intervenir avant qu’ils n’embarquent les jumelles comme de vulgaires sacs. Ils s’en étaient pris à des compatriotes uniquement parce qu’elles avaient présenté des bêtes la veille au marché !!

Tout cela dépassait l’entendement et avait au moins eu pour mérite de faire sortir Monsieur Pignac de sa chambre où il peinait à se remettre du surmenage causé par les travaux.

Dès qu’il avait compris de quoi il retournait, ayant entendu les discours de son assistante puis des jumelles, il avait pris toutes les dispositions nécessaires : rendez vous avec la Chancellerie, la Garde Urbaine, courrier d’alerte au Grand patron et embauche de gardes supplémentaires pour sécuriser le domaine.

Ces nains étaient manifestement dangereux, sans foi ni loi, manipulateurs et vils, voleurs de brevets et de projets, imbus d’eux mêmes et bêtes comme ces masses qu’ils montraient à tout bout de champ en guise de cervelles. Il fallait donc agir en conséquence et opposer la raison à la folie, l’honnêteté à la vilénie et surtout l’intelligence à la bêtise.

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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyLun 2 Juil - 20:26



Les travaux étaient terminés depuis quelques jours et les visites des clients permettaient immanquablement au personnel de faire démonstration de leurs différentes compétences.

Récemment c’étaient le Capitaine des Implacables avec une partie de ses troupes qui avaient pu profiter d’une visite complète du domaine avec présentation des travaux de sellerie, visite aux enclos sécurisés des Raptors dressés par les jumelles Rouge-Baillet, présentation des chevaux en cours de dressage pour la compagnie Marchebruine, passage au chenil où attendait joyeusement le mastiff dressé pour Sire Daniel Varenne, et le fameux puits dont la présence sur le terrain facilitait désormais le travail de tous.

Comme l’avait fait remarqué Demoiselle Delabay au Capitaine Oberon, lors de sa visite, heureusement que les nains Gris-Balastres envoyés par le Duc d’Althain n’avaient rien à voir avec ceux qui les avaient agressés au marché. Non seulement les travaux avaient été parfaitement réalisés, terminés en temps et en heure, mais l’enthousiasme des nains du clan avait permis au personnel de la Maison Fossard de traverser cette période de transition dans la joie et la bonne humeur.

La totalité du domaine était donc maintenant parfaitement prête à accueillir l’ensemble des services et prestations de la Maison Fossard. La devise d’Oscar, stipulant que le dressage était un Art, pouvait désormais s’épanouir à plein. Nul doute que les clients qui continuaient d’affluer assurent désormais à l’entreprise hurleventoise une notoriété florissante, toute à l’image que les clients avaient de l’équipe Fossard, professionnelle, aimable et digne de toute confiance.

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Lysange Delabay

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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyJeu 5 Juil - 14:04


C’est légèrement perturbée par les événements récents que Lysange Delabay, collaboratrice de Monsieur Pignac, l’intendant de la Maison Fossard, s’était envolée mercredi matin pour les terres du Nord, avec la mission simple de lui faire un rapport clair et complet de toute l’affaire du marché.

Car si, du côté de la cité et des autorités diverses, tout était désormais clarifié - avec pour Lysange l’évidente mauvaise foi de la plupart des interlocuteurs, voire de la lâcheté et une grande bêtise pour certains- il fallait tout de même prévenir le Grand Patron des avancées diverses de l’entreprise et des retombées de ces événements pour le moins étranges.

Mais Lysange était tout de même plutôt sereine. Car on pouvait dire que du côté de l’équipe Fossard tout avait été réalisé dans les règles professionnelles les plus élémentaires, Lysange elle même ayant pris une bonne part à l’activité commerciale en prenant garde de ne rien faire qui puisse leur être reproché, et tout aurait dû se passer correctement.

Pourtant il apparaissait que certains concurrents faisaient un plagiat éhonté, associé à une intimidation indigne de citoyens de l’Alliance envers des compatriotes, le tout dénotant de méthodes viles que malheureusement peu étaient capables de cerner, de comprendre et de contrer intelligemment.

Il fallait donc prévenir le Grand Patron et surtout lui faire comprendre que si les conséquences de cette « guerre commerciale » pouvaient être désagréables, indéniablement, d’autres s’avéraient par contre très positives, car plusieurs clients, mis au courant, avaient pris fait et cause pour la Maison Fossard et la notoriété ne cessait d’augmenter.

Lysange n’en doutait donc pas, son congé mis à profit par ce petit voyage dans le Nord ne pouvait être que bénéfique pour tous.
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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyMer 11 Juil - 16:38


A quoi pouvait bien servir les vieux dans les rues et les maisons sinon à colporter toutes sortes de rumeurs vraies ou fausses.  Il se disait dans les faubourgs, aux alentours du domaine Fossard, qu’il y avait eu violation de domicile privé, carrément, et pas par n’importe qui ! Un type qui se croyait plus malin que les autres s’était pointé avec des amis pour venir tenter d’intimider le personnel Fossard.

« Mais siiiiii, j’vous l’dis comme si je l’avais vuuuu !!! C’est c’grand nigaud de Blackbade là !!! Affublé d’un aussi con que lui et de trois nains, de ceux qui emmerdent les braves gens !!!! J’ai tout entendu hier soir !!! » racontait Marthe, l’ancienne boulangère du quartier mage qui vivait non loin de l’ex ferme Wollerton « Comment vous dites ? » demanda Ernestine qui n’avait plus l’oreille aussi fine qu’auparavant. «  M’sieur Blancbeck, c’est bien ça ? ». « Oui ! Blancbeck, Blackblade, tout ça c’est du pareil au même ! ». s’amusa Marthe.

L’attroupement de badauds grandissait autour de la brave Marthe, grande colporteuse de nouvelles en tous genres. Et ça commençait à bien rire parmi les vieux. « Et donc ill a fait quoi ce Blancbeck  avec ses amis ?!?!?!». Marthe était le point de mire de la conversation, ce qui n’était pas pour lui déplaire. « Ils ont escaladé les barrières du domaine à c’brave vieux Pignac dites donc !!!! Et ils sont rentrés d’dans comme si c’était chez eux !!!! ».

Les uns et les autres s’animaient, quand ça sonne le tocsin, les vieux sont toujours les premiers à s’alerter. « C’est y pas une honte !!!! On est plus tranquilles chez soi, dites voir  !!! Va falloir sortir les fourches ! Y’a que ça qu’ils comprennent à c’t’heure ! ». Les vieux s’échauffaient. Et quand ça s’échauffe, un vieux, ça peut devenir bien plus dangereux qu’un jeune, d’une parce que c’est souvent bien plus malin, de deux parce que ça a tout son temps pour ressasser les mêmes histoires et faire chier le monde, et de trois parce quand on a un pied dans la tombe, il n’y a pas grand chose qui vous fait peur.

« Mais dites voir !!!  Le blanc-bec là ! C’est pas lui qui a agressé les p’tites jumelles rousses en ville ?!?! » L’attroupement grandissait, c’était à qui pouvait mettre son grain de sel. « Mais siiii !!!! Nina, une des deux naines  me l’a raconté pas plus tard que ce matin  ! Le gars lui a foncé dessus et a menacé de lui fracasser la tête et de la noyer dans les canaux !!! ». Marthe mimait la scène. « OOOOOHHHH ?!???? Noooooon, c’est pas vrai !!!! » rajouta une autre commère.

« Siiiiii j’vous diiiiiis !!!! ». Marthe rosissait du plaisir de raconter. André, un vieux soldat qui passait des jours tranquilles dans une petite maison des faubourgs se sentit l’âme chevaleresque. « Mais il faut prévenir la Garde ! Faut pas laisser ce gars là faire n’importe quoi sans réagir !!! S’attaquer à des dames, tout de même !!!». Marthe, qui avait l’air d’en pincer pour lui en secret le regarda tout émoustillée. « Ah mais c’est trop tard, M’sieur André, elles y sont allées, les deux jumelles, et il y a eu un défilé de gardes par ici hier soir, même que la petite brune qui travaille là-bas est rentrée bien tard chez elle. Et elle avait l’air bien énervée! ».

André se rapprocha de Marthe, enfin conscient de l’effet qu’il lui faisait. « Bon, parce que moi, je vais aller me plaindre au nom des citoyens du quartier, s’il faut, hein. Pas question que je vous laisse dans la crainte des voyous, Demoiselle Marthe ! ». L’ancienne boulangère minauda. « Demoiselle Marthe … comme vous y allez, M’sieur André… ».

On passera sur les suites de cette conversation qui prit un tour bien plus privé dans la soirée, mais une chose était sûre, tout le monde avait entendu parler de ce Blancbeck qui n’avait pas l’air bien malin.

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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyJeu 26 Juil - 13:24



Un appel à la mobilisation avait été placardé partout en ville et dans les faubourgs, impossible de passer à côté.

Or si certains des employés s’étaient questionnés sur la possibilité de leur engagement dans les forces civiles réquisitionnées, Marcel Pignac et sa collaboratrice, l’un à cause de son âge, l’autre faute de ne pas savoir se battre, avaient tous deux été très vite convaincus qu’ils seraient bien plus utiles à la communauté en proposant leurs services sur place, à condition que Mr Fossard soit d’accord.

Un courrier avait donc été envoyé vers le Nord où séjournait encore Oscar Fossard, une prise de contact
faite auprès des autorités, mais aussi quelques commandants ou capitaines,  puis des propositions faites, et enfin des engagements envisagés.

Bien sûr, il n’était pas toujours possible de répondre au mieux aux attentes d’une armée mobilisée pour partir au loin, mais « Marcel, la Maison Fossard peut et doit aider, avec les bêtes les plus adaptées, les plus solides métaux, dans les meilleurs temps et ce sans bénéfices. Il s’agit de notre soutien à l’Alliance, il doit être complet !!!» avait décrété le Grand Patron par pli express en réponse à la question de l’intendant.

Pendant que les civils suivaient les entraînements proposés, l’ensemble du personnel de la Maison Fossard s’était donc mobilisé pour parfaire le dressage de bêtes de charge et de monte capables d’affronter des mêlées guerrières,  et forger des armures adaptées aux différentes bêtes qui allaient probablement accompagner les troupes en formation.

La ville s’était comme vidée mais le domaine Fossard, lui,  n’avait peut-être jamais été aussi animé.


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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyVen 10 Aoû - 18:47



C’est un intendant particulièrement satisfait qui est sorti de la Chancellerie avec sa collaboratrice dans la soirée du 9 courant.

En effet, pendant plus d’une heure  Mr Marcel Pignac a enfin pu s’exprimer pleinement sur le souhait d’Oscar Fossard de soutenir les forces de l’alliance dans le conflit qui les oppose de nouveau violemment aux forces de la Horde et voir que cette proposition était entendue, reconnue et prise en compte.

Mr Pignac et sa collaboratrice ont ainsi pu constater que le nouveau Chancelier avait d’ores et déjà pris bonne mesure des différents problèmes qu’entraîne la guerre pour la cité, envisageant même l’achat d’un terrain pour accueillir les dons de ceux qui souhaitent soutenir l’effort de guerre, comme la Maison Fossard.

Au terme de l’entretien Mr Pignac a donc pu rapidement organiser la première livraison de bêtes de charge, et mettre en oeuvre l’arrivage et le dressage réguliers d’une dizaine de bêtes, toutes les trois semaines environ. Une action qui devrait rassurer le personnel légèrement mis à mal par l’invasion de réfugiés dans les faubourgs et un pas de plus vers l’intégration complète de la Maison Fossard dans le paysage hurleventois qui devrait satisfaire son propriétaire.



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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyJeu 20 Sep - 18:30



Dans les faubourgs, après plusieurs semaines où la population avait dû s’adapter à la présence parfois envahissante des réfugiés que le Roi tardait à reloger, de nouveaux comportements de voisinage étaient désormais en usage, attestant une fois encore de la solidarité des Hurleventois.

Au domaine Fossard, l’activité n’avait pas baissé, bien au contraire. Tandis que de nombreuses bêtes de charge transitaient chaque semaine par les écuries avant d’être livrées à l’Etat Major, on avait pu voir aller et venir de nombreuses personnalités comme le Duc d’Althain et sa Dame, venus prendre livraison de deux serpents arcaniques, l’épouse du capitaine Oberson pour sa jument blanche, les dirigeants de la fondation Ethernae pour un ensemble de bêtes reparties par portail, Dame Milloin et plusieurs membres des Industries Allen ainsi que plusieurs citoyens pour des bêtes de monte, souvent rares et dressées selon leurs désidératas.

De son côté Oscar Fossard, repoussé par les forces armées qui avaient investi la région de Stromgarde, avait dû quitter les terres d’Arathie où il capturait et dressait les chevaux qui seraient ensuite vendus dans la cité hurleventoise. Par ailleurs, alors qu’il avait prévu de rentrer sur Hurlevent pour décharger son intendant et reprendre sa place de dirigeant, «le patron » s’était mis en tête d’aider ses amis éleveurs qui, comme lui, devaient s’éloigner des combats, déplaçant hommes et bêtes du côté de Thelsamar, et comptant donc sur Marcel Pignac pour continuer à gérer ses affaires.

De son côté, malgré une activité quotidienne qui l’avait tout de même bien occupée, Lysange semblait nostalgique, ou rêveuse. Plusieurs fois déjà on avait pu l’entendre parler d’un voyage en bateau, ou des portails qui étaient mis à disposition par l’Etat major pour atteindre rapidement le port de Boralus. On l’avait vue aussi sur les quais, discuter et rire avec les marins de l’Implacable, et dans quelques boutiques vendant des produits venus de Kul Tiras. Il semblait donc que l’appel d’un ailleurs riche d’aventures et de nouveautés fut la raison de cette « nostalgie ».

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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyDim 20 Jan - 12:28

Où l’on retrouve la brave Marthe, ancienne boulangère et grande colporteuse de nouvelles en tous genres dans le quartier des faubourgs où s’ébattent les bêtes dressées par l’équipe Fossard.


« Mais je vous dis que c’est la petite brunette qui me l’a dit en passant hier soir devant chez moi …. Elle courait comme une folle, pour un peu elle me faisait tomber à terre !"  Marthe parlait d’une voix qui portait au loin.

« Mais… vous êtes certaine de ce que vous avancez ? L’intendant Pignac ? A un bal ?!? Jamais je ne l’aurais imaginé dans ce genre de… de…. de lieu de débauche ! » Ernestine secouait la tête. Il avait pourtant l’air très bien, cet homme là. Toujours un mot aimable en passant, propre sur lui et sourire discret. Des manières qui se perdaient, pour sûr, gage de respectabilité. Et puis ce n’était pas le genre de bonhomme à aller perdre son temps en gaudriole. Plutôt le genre d’homme qu’elle aurait bien vu au coin de sa cheminée.

«Non mais il y était pour le travail, c’est la p’tiote qui l’aurait convaincu de l’accompagner. Elle voulait lui faire rencontrer des clients potentiels, à ce qu’elle m’a dit. En soi c’était pas une mauvaise idée, mais faire ce voyage, à son âge… ».

L’attroupement de ce dimanche matin grossissait à mesure que la mâtinée avançait. Certains revenaient du centre-ville, porteurs de nouvelles, tandis que d’autres attendaient pour les commenter. La plupart des habitants des faubourgs cancanaient autour de Marthe, toujours aussi à l’aise au milieu du monde. Comme une traînée de poudre, la nouvelle se répandait donc au milieu des badauds, l’intendant du domaine Fossard avait fait une attaque.

Lysange, quant à elle,  avait quitté la veille au soir un vieil homme au teint blême qui ne pouvait plus cacher ni sa fatigue ni la maladie qui oeuvrait en silence. Mais il ne méritait pas de faire les frais des cancans de tout un quartier. D’autant qu’il souhaitait qu’elle le cache au grand patron. Mais comment taire cet épisode si de son côté Marthe, qu’elle avait bousculée la veille en venant chercher les chevaux, colportait toutes sortes de nouvelles, très certainement alarmantes.

C’est donc avec l’intention d’arrêter la rumeur qu’elle se mêla à l’attroupement de cette mâtinée dominicale. « Il va bien ! Si, si, si, je vous assure, il va même très bien ! Vu comment il m’a traitée hier soir, je peux vous assurer qu’il a retrouvé la totalité de ses facultés ! ».

La jeune femme tentait désespérément d’effacer la mauvaise image colportée par Marthe et ses amies mais voilà que les grenouilles de bénitier s’en mêlaient. « Oh non, il ne va pas si bien que ça, moi j’vous l’dis ! C’est le père Eudes qui l’a soigné hier soir, au dispensaire. Il a fait une grave attaque sanguine à ce qu’on m’a dit. Il lui a prescrit des herbes mais il faut qu’il se repose, il n’a plus vingt ans, ça peut recommencer ! ».

Lysange avait beau essayer de minimiser, raconter, expliquer, rien n’y faisait, l’attroupement s’emballait et les vieilles s’imaginaient pouvoir s’en mêler un peu plus. « Oh… vous pensez que je pourrais aller aux nouvelles ? Il doit se sentir bien seul, vous ne pensez pas ?» minaudait Ernestine  avec des yeux de jeune fille énamourée.

« Si vous ne voulez pas passer pour une enquiquineuse,  je vous le déconseille fortement » lança Marthe, toujours aussi directe. « C’est pas le genre à se plaindre et surtout pas à se montrer faible. Vous feriez mieux de passer par la p’tite, faites passer un message de sympathie… ou préparez lui quelques petits gâteaux dont vous avez le secret ». Marthe blaguait mais Ernestine s’imagina immédiatement prenant le thé avec l’intendant, un sourire aux lèvres. « Ah oui.. des gâteaux… des madeleines… c’est une bonne idée… et vous ne pensez pas que je ferais mieux d’y aller moi-même…. ce serait tout de même plus gentil ».

Lysange s’était détachée du groupe et les écoutait, l’effarement visible sur son joli minois. « Gentil, gentil… pouvez bien essayer d’être gentil avec lui, ça servira à rien, il a une trouille bleue des femmes, moi j’vous dis… Pensez donc…. à soixante ans, il tombe dans les pommes et c’est à sa mère qu’il pense, alors…. ».

Ernestine se retourna d’un sursaut. « A sa mère ? Vous êtes sûre ? Mais alors… c’est pas d’une jeunette dont il rêve ?!? ». Marthe éclata de rire, se tapant sur les cuisses qu’elle avait bien rondes. « Ah ben allez-y donc si vous avez le coeur de jouer les vieilles mères !!! Ca vous irait comme un gant !!! ».
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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyJeu 24 Jan - 14:13



« Quoi ?!?? Enlevé ?!?! Vous êtes sûre ?!?! ». Ernestine n’en revenait pas. Elle qui avait l’intention d’aller voir l’intendant Pignac pour lui offrir des madeleines tout juste sorties de son four à bois. « Mais... ?!? ».

Un attroupement de commères s’était reformé autour de Marthe, l’ancienne boulangère. « Et vous n’avez pas vu le visage de la p’tiote ! L’abruti de Blanc-bec l’a bien amochée la pauvre. Elle ne veut pas se plaindre mais son visage parle pour elle. Cette brute l’a tout bonnement démolie ! ».

Tout le quartier des faubourgs était en émoi. L’équipe Fossard avait une nouvelle fois été l’objet d’une rare bêtise qui faisait l’objet de commentaires effarés.

« Mais.... ». Ernestine ne pouvait se résoudre à oublier ce cher monsieur Pignac. « .... mais il est où alors ? Et qu’est-ce qui lui est arrivé ? ».

Quelques réfugiés s’étaient joints à la conversation, étonnés par l’attroupement. Marthe était aux anges et lança des œillades aux nouveaux badauds avant de revenir à sa voisine. « Il a été enlevé ! Par magie en plus ! Et en pleine ville ! Au nez et à la barbe de la Garde qui n’a même pas réagi !!! »

Des cris s’élevèrent, outrés. « La Garde n’a rien fait ?!?? On n’est vraiment plus en sécurité dans cette cité ! Il faut réagir !!! Faut pas se laisser faire comme ça ! Vive le peuple, à bas les planqués !! Allons voir le Roi !!! On en profitera pour lui parler des réfugiés qui ne sont toujours pas logés !! ».

Le brouhaha gagnait en virulence. Certains parlaient de sortir fourches, masses et fusils, d’autres de bloquer les ponts et les points stratégiques, la révolte grondait tandis qu’Ernestine tirait la manche de Marthe.

« Mais il est où alors ? Ils l’ont enlevé pour l’emmener où ? ».


Marthe regardait l’ébullition humaine avec effarement. Papoter, cancaner, bavasser, tout cela lui convenait parfaitement. Mais pas question d’inciter à la violence physique ou même à une rébellion certainement vouée à l’échec. Elle cherchait des yeux le vieux soldat. Nul doute que le brave et sémillant André saurait ramener tout ce petit monde à la raison.

« Venez ! Allons chercher André ! Je vous raconte toute l’histoire sur le chemin ». Elle entraîna Ernestine à sa suite.

Le temps que les deux femmes retrouvent le soldat, qui participait aux travaux de rénovation d’une vieille ferme abandonnée  qu’un propriétaire compatissant destinait aux réfugiés, Marthe expliqua par le menu ce qu’elle savait de cette nouvelle affaire.

L’équipe Fossard était présente sur les quais dans la soirée de mardi pour présenter quelques chevaux, voulant profiter de la présence de rares marchands postés un peu plus loin. C’est alors qu’un soit disant organisateur de ce marché vide de stands et de clients était venu leur demander de quitter les lieux. Mais comme Mr Pignac proposait de payer pour rester, l’homme avait appelé à son secours les organisateurs de l’ancien marché pour tenter de le faire partir par la force.

« Et c’est là que la petiote s’est interposée car elle ne voulait pas que le blanc-bec s’attaque au pauvre Mr Pignac en convalescence de son attaque cardiaque de vendredi ! ».

C’est donc à ce moment là que l’ancien responsable du marché l’avait frappée, à deux reprises, l’amochant très sérieusement tandis qu’une amie de l’homme enlevait l’intendant par magie, sans son accord, sans aucune précaution et en pleine ville.

« Pas étonnant qu’il ait fait une rechute après ça ! » s’exclamait Marthe.
Ernestine s’arrêta net. « Par la Sainte Lumière !! Il a fait une rechute, alors ! C’est ça ?!? Ooooh…. « .

Marthe la rattrapa de justesse alors qu’elle s’effondrait au milieu des réfugiés. « Mais tenez vous donc !!! Par chance une de ses clientes passait par là, une femme de l’Eglise qui venait voir où en était sa commande. Il était en état de choc et elle l’a ramené au dispensaire. Il y a passé la nuit. »

L’espoir se ralluma dans le regard d’Ernestine. « Il est donc au dispensaire ? Je m’en vais de ce pas lui apporter du réconfort, alors  ! »

Marthe n’eut pas le temps de la rattraper, déjà elle courait chez elle pour préparer un sachet rempli de ses fameuses madeleines.

Le brave André, quant à lui, fut réquisitionné pour calmer les badauds en colère et les empêcher de se jeter dans les bras armés d’une institution qui n’hésiterait sans doute pas, selon lui, à les mettre en geôles sans même chercher à comprendre ce qui les animait.

La rumeur  ne dit pas si Ernestine a pu conquérir le coeur de Mr Pignac avec ses madeleines…


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Lysange Delabay

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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyLun 28 Jan - 12:43



« Mais... j’aurais dû faire quoi alors  ? ». Lysange se trémoussait en tirant son gilet, mal à l’aise face à la rousse pleine d’assurance qui partageait le travail de Tom. Mise au courant de ses déboires au marché et ayant entendu Tom se vanter d’avoir tenté sa chance auprès de la jeune femme, Barbara s’enquérait de sa version des faits.

« Il vous plaît ? »
« Euh... un peu, mais bon... c’est surtout qu’à un moment on s’est retrouvés en ... situation délicate et.... »


Le visage de la rousse se durcit et elle s’approcha pour prendre les mains de Lysange. « Il vous a blessée ? forcée ? »
Lysange sursauta. « Mais non ! Non, il a juste essayé de ... de m’embrasser. Je dis pas que….  et puis de toute façon il était bourré ! Mais moi ça m’a ... ça m’a troublée et .... et depuis j’arrête pas d’y penser et... et je sais pas si... ».

Barbara esquissa un sourire énigmatique. « C’est vrai qu’il a du  charme... et un certain potentiel ».
Lysange tiqua, continuant. « Oui mais... je crois que lui il veut juste... vous savez... me culbuter et puis c’est tout. Et moi je.... ben... j’en aurais bien envie aussi, je dis pas, mais... enfin pas comme ça, et surtout pas que ça, quoi. Vous comprenez ? Vous me trouvez cruche ?».

Barbara secoua la tête, le sourire toujours aussi énigmatique.« L’amour est un jeu Lysange. Un jeu de pouvoir, ou plutôt d’échange de pouvoirs. Mais il doit être librement consenti de part et d’autre, et donc compris et accepté pour ce qu’il est. Cela ne se construit pas en quelques heures.  Vos hésitations sont donc légitimes.  Mais pour y arriver, il ne faut pas confondre désir d’un moment et le Désir d’être soi-même.»

Lysange observa la femme qui lui parlait comme jamais personne ne lui avait parlé. Un monde inconnu s’ouvrait derrière ses paroles.
«Euh... je comprends pas. Un jeu ? Comment ça ? Aimer, c’est pas sérieux alors ? C’est tout faux ? Vous pensez que j’ai des rêves de gamine ? Que je suis naïve ? ridicule ?».

Barbara secoua dans un rire léger son beau visage au teint clair. « Pas du tout Lysange, bien au contraire. L’amour est la chose la plus sérieuse au monde. C’est même la seule façon de trouver un sens à la vie, croyez-moi. C’est la clé pour savoir qui on est, car sans vraie rencontre avec un autre à aimer, jamais vous ne découvrirez qui vous êtes. Voilà pourquoi il est impératif qu’il soit compris comme un jeu et accepté comme tel. Vous saisissez ? ».

La jeune femme secouait la tête, incrédule devant son aînée.
« Euh…je suis pas sûre… J’ai pas envie de jouer à faire semblant d’aimer, moi, je veux aimer pour de vrai. Je vois bien que ça m’aide pas à trouver un gars qui pense comme moi, mais j’arrive pas à voir les choses autrement. Alors me dire que c’est un jeu…. non, ça…. je saisis pas».

Barbara sauta souplement sur la barrière qui bordait le champ de potirons, s’installa au mieux sur le rondin et incita Lysange à faire de même.
« Quand je dis que c’est un jeu, cela signifie qu’il y a des règles à respecter, pour que la relation reste équilibrée et bénéfique aux deux. Ces règles sont édictées, même tacitement,  afin que chacun puisse s’épanouir dans un cadre construit pour durer, mais dans le respect de la personnalité et des envies de l’un et de l’autre. Il faut que cela devienne un projet commun. »

Lysange se redressa, emportée d’enthousiasme.
« Aaaaah ouiii… je comprends !!! Vous parlez du mariage !!! C’est ça ? »
Le rire de Barbara fit se retourner les réfugiés qui travaillaient non loin. «Pas du tout Lysange ! Je vous parle d’un contrat tacite, entre deux personnes consentantes, qui décident entre elles de ce qui va leur permettre de s’épanouir au mieux. Il faut de la confiance, du respect, la capacité de se regarder faire, d’écouter l’autre, de partager ce qu’on ressent. C’est un jeu, oui, mais justement, dans tout jeu il y a des règles, qu’il est important de préciser et de respecter, sinon on ne joue pas le même jeu, et tout va mal. »

Lysange écoutait avec une attention accrue. « Alors…. quand il a essayé de m’embrasser, pour lui c’était un jeu… mais comme ce n’était pas le même pour moi, ça pouvait pas coller ? C’est ça ? ».

Barbara acquiesça dans un sourire. « C’est un peu plus compliqué que ça, mais oui, par exemple ». Lysange opina, toute à sa réflexion. « Mais alors…. comment on peut savoir que c’est le bon, parce que c’est ça mon problème à moi. J’ai pas envie de m’embarquer dans un truc pour un soir en me disant que peut-être ça collera ou peut-être ça collera pas. Je peux avoir envie, je dis pas, mais ça m’intéresse pas, disons. Surtout si en plus je vais le revoir après. Je vais pas savoir faire ça sans m’impliquer avec mon coeur, moi, je sais pas faire ça. Vous, de ce que vous dites, vous y mettez pas d’amour, hein, c’est ça ? ».

La rousse éclata de nouveau d’un rire franc.« Bien au contraire. Mais j’en ai peut-être une vision très particulière. Je suis…. très exigeante ».

Lysange l’observait du coin de l’oeil, perplexe. « Vous êtes du genre commandeuse, c’est ça ? ». Barbara s’amusait des questions de la jeune femme. « Ce n’est pas le mot que j’emploierais, mais disons que…. j’aime un jeu dont les règles peuvent être strictes, voire même très strictes, mais seulement de temps en temps. Et elles doivent être régulièrement discutées voire même potentiellement inversées, ce qui demande d’avoir un partenaire particulièrement …. joueur, ce qui ne se rencontre pas facilement. ».

Lysange dodelinait de la tête, de bien curieuses images en tête. « Ah… je vois… enfin je crois… et c’est pour ça que vous parlez de potentiel ? ».

Barbara sauta à terre tout en se recoiffant, un nouveau sourire énigmatique aux lèvres. « Je ne le connais pas suffisamment pour le dire. Et puis….. ». Elle se défaisait d’une poussière imaginaire, dans un double geste coordonné de mains frottant ses fesses, qui trahissait, pensa Lysange, un trouble qui ne voulait pas se dire.« … vous savez…. tous les hommes ont ce désir.. ou ce potentiel en eux, même si la plupart sont incapables de l’admettre, faute d’intelligence ou d’éducation. Toute la difficulté est là, cerner le potentiel et le rendre acceptable. C’est un chemin difficile, mais c’est le seul qui vaille la peine d’être pratiqué, selon moi ».

Elle adressa à Lysange un sourire volontaire et franc qui tranchait avec celui qui se dessinait dans ses silences. « On en reparlera si vous le souhaitez !  Restez vous-même. Et pour y arriver, continuez d’écouter votre coeur Lysange, il ne vous trompera pas. Au plaisir ! ».

Lysange resta un long moment sur la barrière. La lumière avait largement décliné avant qu’elle ne se décide à retourner dans le bureau pour reprendre le travail. Ce discours était bien éloigné des conseils simples et bruts de Benjamin, mais curieusement, il résonnait en elle comme un chant ancien qui remontait des origines du monde.

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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyJeu 31 Jan - 21:48

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Dernière édition par Lysange Delabay le Ven 1 Fév - 11:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyVen 1 Fév - 11:53



Mais quelle idée !!! Quelle idée d’avoir accepté cette réunion de soit disant réconciliation !!! Quelle idée d’en avoir caché la tenue à l’intendant qui n’était pas prêt à rencontrer ces nains félons ! Et quelle idée d’avoir demandé à Tom de l’accompagner pour la protéger des possibles mécréants qu’elle risquait de rencontrer sur la route de Comté de l’Or.

Car c’était un piège ! Un vulgaire piège dans lequel elle était tombée, entraînant à sa suite le pauvre fermier qui avait été sauvagement frappé par des nains en rage, incités à la haine par leur soit disant « Vénérable ». En fait, les mécréants n’étaient pas sur le chemin mais dans la petite maison finalement mise à sac !

Choquée par la violence des faits qu’elle avait reportés au Capitaine Milburn, la collaboratrice de Mr. Pignac avait été escortée par deux gardes jusqu’au domaine Fossard afin de lui assurer une protection qui s’avérait de toute évidence nécessaire. Inquiète de son retard, elle s’était dépêchée de revenir pour le client qui venait voir les chevaux proposés à la vente, pensant trouver l’intendant et se préparant à devoir s’expliquer. Mais le client attendait seul.


« Vous êtes certain que Mr Pignac n’est pas dans les parages ? ». Lysange était agitée, encore sous le choc de l’attaque des nains lors de la réunion, inquiète pour Tom laissé à l’infirmerie du Guet Urbain, coupable à ses propres yeux d’une suite d’erreurs impardonnables, profondément déçue d’elle même.

Un verre de rhum, vite bu, lui avait donné le courage de s’expliquer, mais ses paroles virevoltantes n’avaient pas aidé à rassurer le client qui s’était dit choqué par l’histoire qu’elle lui narrait. Il avait promis de reprendre contact mais Lysange ne l’avait cru qu’à moitié, le laissant repartir sans même songer à reprendre rendez-vous.

Une erreur de plus... Une soirée déplorable.... tout ça à cause de ces horribles nains... menteurs... imbus d’eux-mêmes.... violents... fourbes... de dangereuses brutes que jamais plus elle ne voulait voir, même de loin. Rien que l’idée de leur existence....

« Et bien Lysange ! Votre client est déjà parti ? J’étais aux écuries, pensant vous voir et.... ».

Incapable de regarder l’intendant dans les yeux, Lysange rangeait les catalogues avec une fébrilité qui ne l’empêchait pas de percevoir les traces de la maladie sur les traits du vieil homme. Il s’était encore endormi, mais il ne l’avouerait jamais... elle le regarda, si faible, si vulnérable.... heureusement qu’elle ne lui avait rien dit, ils l’auraient tué...mais oui !!!! .... c’était tout à coup évident... cette réunion avait pour but de le tuer !!!

Elle lâcha les catalogues et vint brusquement sans réfléchir lui prendre les mains.


« Ooooohhhh !!!!! Monsieur Pignac !!!! Je suis désolée !!!! Tellement désolée !!! Si vous saviez comme je regrette !!!!! »

L’intendant regardait ses mains prises dans celles de Lysange, atteint d’une perplexité grandissante. Il les dégagea comme si toute cette effusion d’émotions le dégoûtait.« Mais qu’est-ce qui vous prend ? Reprenez vous mon petit ! Vous êtes désolée, j’entends bien, mais de quoi ? Vous avez fait fuir le client ? ».

Lysange s’était reculée, se frottant le bras droit, de nouveau fébrile, en proie à un déluge de remords. L’intendant l’observait en silence.« J’attends vos explications Lysange... Et qu’est-ce que vous avez au bras ? On vous a de nouveau violentée ? Ce n’est tout de même pas la fuite d’un client qui vous met dans cet état ? ».

Comment lui expliquer l’inexplicable ? Lysange se redressa, happa l’air, prête à affronter la colère de l’intendant lorsqu’on frappa à la porte.  Un garde se présentait au domaine pour avertir du déplacement sous bonne escorte de Tom, de l’infirmerie de la caserne au dispensaire de la Cathédrale, afin qu’il puisse recevoir des soins indispensables à son état, jugé grave.

L’intendant remercia sans rien y comprendre et se tourna brusquement vers Lysange dès que la porte fut refermée
. « Mais vous allez m’expliquer ce qui se passe ici nom de nom ?!? Pourquoi vous demande-t-il si vous allez mieux ? Qu’est-ce que vous me cachez ? Lysange !!!! Parlez !!! Ne restez pas ainsi comme une jouvencelle qui vient de voir le loup !!! Vous ...  argh !!! ».

Monsieur Pignac tenta de se rattraper au dossier de la chaise mais s’effondra sur lui-même, emportant avec lui tous les catalogues posés sur le bureau.

« Oooohhhhh !!!! Monsieur Pignac !!!! ». Elle n’avait même pas eu le temps de s’expliquer, et le voilà de nouveau en train de faire une attaque ! Mais tous les dieux étaient contre elle, à n’en pas douter !  Tout en aidant le vieil homme à se relever Lysange essayait de calmer l’ébullition qui grandissait en elle. Cela ne pouvait durer, il fallait prévenir le grand patron, l’avertir que son intendant déclinait, que les nains avaient menacé de le tuer, qu’elle craignait pour sa vie, que...

« Tout va bien ? ». Le forgeron avait dû frapper, suite aux cris, mais Lysange ne l’avait pas entendu entrer. Elle sursauta au son de sa voix. [color:c84a=A9D0F5]« Oh ! Nealson !!! Il faut m’aider ! Il faut emmener Monsieur Pignac au dispensaire ! Vite ! Il va me refaire une attaque là !!! ».


D’un regard le forgeron jaugea la situation. Ce n’était pas le genre d’homme à se perdre en explications. De toute évidence la jeune femme avait l’air agitée mais indemne de blessures graves. Par contre Pignac était manifestement bien mal en point et requérait une intervention d’urgence. Recroquevillé sur le sol il geignait tout en essayant de se relever, assommé de douleur.

«  Va me chercher mon cheval, je l’emmène. Prends quelques unes de ses affaires et rattrape moi ensuite pour t’expliquer avec les soigneurs.  Moi je le dépose mais ensuite je reviens. J’ai du travail qui m’attend  ».

Le blond musclé emporta l’intendant dans ses bras, sans l’ombre d’une difficulté. Lysange éprouva une forme de contentement qui la désarçonna quelques secondes. Décidément, la présence d’un homme fort et rassurant ne la laissait pas de marbre. Elle se morigéna et se mit rapidement en quête de vêtements propres.

Il ne lui fallut que quelques minutes pour faire un sac pour l’intendant, un quart d’heure plus tard elle était au chevet de Tom à qui elle racontait toute l’histoire.

« Et t’as pas eu le temps de lui expliquer alors  ?
« Ben non… il a gueulé et…. oh là là…. tout ça c’est de ma faute… j’aurais dû y aller seule… ». Elle le regardait, hésitante.[color:c84a=A9D0F5]« T’es sûr que ça ira ? Ils t’ont bien amoché tout de même… ».« C’est bon, t’inquiète. Je préfère avoir pris pour lui. Parce que là, le vieux, s’il avait été là, c’est pas pour des soins qu’on l’aurait emmené ici, tu vois, mais pour la morgue. » Il ricanait mais le coeur n’y était qu’à moitié. Toute cette affaire avait pris bien mauvaise tournure.

C’est bien plus tard dans la nuit que les soigneurs vinrent chercher la jeune femme pour l’emmener au chevet de l’intendant qui « voulait lui parler ». Un dernier regard angoissé à Tom et Lysange, profondément émue, suivit le prêtre en priant tous les dieux d’Azeroth ne pas s’effondrer en larmes devant son patron…



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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyVen 1 Fév - 12:45



«Ah ouais ?!?! Alors comme ça t’es comme qui dirait ma chef maint’nant ? Tu vas m’demander d’te protéger dans ton lit aussi ? Tu crois pas qu’ça d’vient indispensable ? ».

Comme convenu Lysange était revenue voir Tom au dispensaire de bon matin, des croissants chauds et des nouvelles toutes fraîches en guise de petit déjeuner.

« Tssss.... T’es vraiment impossible, tu sais ». Lysange grignotait un croissant avec un sourire vaguement attendri. « Ça se voit trop que tu forces le trait. Tu sais ce que j’crois, moi ? J’te plais et t’as trop peur que j’te jette, alors tu sur-joues le mec lourd ». Il éclata d’un rire gras, elle enfonça le clou. « Remarque... je dois dire que t’y arrives plutôt bien. Dans le genre impossible, t’es plutôt doué ».

« Mouais... tu peux t’les garder tes explications à la con, c’pas mon truc... ». Il la regardait d’un air que la jeune femme perçu comme suffisamment inquiet pour devenir mauvais. Elle opina et lui adressa un sourire de connivence, recréant immédiatement cette complicité bon enfant qui les avait liés jusque là. Il lâcha. « Donc le vieux t’a nommée chef à sa place ? En pleine nuit ? Comme ça ? Sur un coup d’tête ? Il a perdu la boule ou quoi ? ».

Lysange ramassait les miettes disséminées sur le lit du fermier dont le visage toujours aussi amoché rappelait la violence de la veille. « Ordre du personnel soignant. Interdiction de reprendre le travail sous peine de passer l’arme à gauche. Il n’avait pas le choix en fait. Du coup il va écrire aux Autorités pour les prévenir, me voilà calife à la place du calife ». La prise de conscience de ce que cela représentait comme responsabilités pointait nettement dans son rire.

« Mmh... Et ça va durer combien d’temps ? ». Tendu, Tom suivait des yeux les faits et gestes de la jeune femme, la main dans la barbe, sous le coup d’une réflexion que Lysange imaginait intense et perplexe.

« Bah... en fait il va prévenir Fossard et j’imagine que ma promotion prendra fin à la minute où le Grand Chef  mettra le pied sur ses terres ... ».Elle haussa une épaule en lui adressant un clin d’œil. « T’inquiète, j’aurais pas le temps de te mener la vie dure, juste t’obliger à m’accompagner en ville et donc te laver et changer d’fringues plus d’une fois par semaine ! ». Son rire emplit la salle.

Tom se redressa dans le lit en maugréant.
« Non mais ça va pas ?!?! Tu comptes quand même pas sur moi pour laisser mon champ et t’accompagner ?!?! C’pas mon boulot ça !!! Une fois pour t’aider, ça va, mais là c’est terminé ! On a vu ce que ça a donné ! J’m’en vais lui dire c’que j’en pense moi, à Marcel. Hors de question !!! Va lui falloir trouver un autre pigeon pour .... pour .... Oh vindiou !!!!  Ça y est t’as réussi à me mettre en rogne ! ».

D’un bond il sortit du lit en envoyant valser draps, couvertures, sachet contenant les miettes, tasse vide et petite cuillère. «File moi mes fringues, elles doivent être par là. Je r’tourne au boulot, ça va bien ! ».

Toujours assise au bout du lit en vrac, Lysange restait interdite. « Mais… ?!? ».

Le fermier virait tout ce qui se trouvait à sa portée, en quête de son pantalon. « Y’ pas de mais qui tienne ! Y’a plus de mais ! Vas lui dire à Marcel, moi je suis fermier, j’sui pas son larbin et encore moins l’tien ! C’était pas dans le contrat, ça ! ».

Le bruit attira une soignante qui passait non loin. Son arrivée dans la chambre calma Tom plus vite que n’aurait su le faire Lysange. Tandis que le fermier réintégrait son lit en maugréant, Lysange s’en retourna voir l’intendant afin de prendre ses ordres et conseils.

Même si elle n’avait rien demandé, il était hors de question que le grand patron ait le moindre reproche à lui faire. Bien sur, tout cela l’inquiétait, car elle était parfaitement consciente du fardeau que cette mission représentait. Mais c’était l’occasion de montrer tout son potentiel, et de transformer un événement dramatique en chance. Une nouvelle vie commençait pour elle, et comme à son habitude, elle n’en voyait que le positif.




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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyDim 3 Fév - 11:14

Où l’on retrouve de nouveau la brave Marthe, affublée de sa voisine Ernestine, toutes deux à l’affût de toute rumeur concernant le domaine sis au bout des faubourgs, la Maison où travaille l’équipe Fossard.

« Le pauvre homme !! J’ai discuté avec le prêtre après l’office et ils craignent vraiment pour sa vie, vous savez, c’est pour ça qu’il a démissionné...». Ernestine se tordait les mains dans un mouchoir immaculé.

« Boarf !!!! Il n’a pas du tout démissionné !!! Il était encore hier soir à houspiller la p’tiote, je l’ai entendu  !!! Pour un peu elle lui jetait son tablier au travers de la figure !!! ... Il aurait eu l’air malin tiens, si elle l’avait fait ! ».

« Ah !? Elle porte un tablier au travail, maintenant ? » Ernestine n’écoutait qu’à moitié et Marthe explosa. « Mais non  ! C’est une expression bougre de...... Il lui a reproché d’avoir acheté une jolie robe, cette espèce de radin !! Vraiment il ferait mieux de prendre du repos au lieu de la traiter comme un souffre-douleur ! ».

« Ah mais, c’est tout de même lui qui souffre !!! Avec toutes les responsabilités qu’il a sur les épaules, pas étonnant qu’il soit un peu sur les dents. Sûrement qu’elle avait dû l’agacer... un peu plus.  Et il fait quoi, pendant ce temps, le sieur Fossard, hein ?!? Il n’y a donc personne dans cette Maison qui ait pitié de ce pauvre.... de ce pauvre... Marcel ». Le visage de la vieille Ernestine vira au rouge pivoine tandis que Marthe l’observait avec effarement.

« Toujours à prendre la défense de ce vieux fou, vous êtes insupportable ! Vous voyez pas qu’il est totalement asocial c’t’homme là !!! Vous perdez votre temps si vous croyez à… à.... à je sais pas quoi ! ». Marthe en perdait les mots. «  En tout cas, j’espère que le Capitaine Milburn tiendra parole. Parce que si le vieux Pignac n’a pas l’air de vouloir lâcher le domaine, la petite va tout de même devoir aller et venir dans la cité alors que ces horribles nains les ont menacés de mort... ». L’ancienne boulangère s’adressait maintenant au petit groupe de badauds qui s’étaient agglutinés autour d’elle comme des abeilles autour d’un pot de miel.

« Menacés de mort ?!?  Et personne n’a été arrêté ? Mais que fait la Garde Urbaine ?!? Et le Roi, est-ce qu’il sait qu’on existe au moins !». La hargne de la populace à l’encontre de l’Autorité reprenait vie et force, à mesure que Marthe déroulait ses explications.

L’ancienne boulangère était tout à son aise au milieu de cette agitation grandissante mais cela ne convenait guère à Ernestine. Marcel Pignac était revenu du dispensaire, affaibli et sommé de prendre du repos, ce pourquoi la brunette avait été nommée responsable temporaire de la Maison Fossard, ou peu importe le titre dont elle voulait s’affubler. Et même si, apparemment, rien n’avait changé puisque les visiteurs continuaient d’être reçus par l’intendant, il devait tout de même bien avoir un peu de temps pour recevoir des visites amicales… ou tout au moins pouvoir profiter de douceurs qu’on lui apporterait.  Il lui semblait l’avoir entendu parler de gâteaux au citron, elle devait bien avoir quelque recette pouvant convenir.

Quittant les badauds qui s’échauffaient, la vieille dame repartit guillerette se mettre au four. De délicieuses petites tartelettes au citron… à n’en pas douter, voilà qui lui ouvrirait la voie.
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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyDim 3 Fév - 12:20



« Je vous assure, pendant quelques secondes, je me suis vraiment vue lui jeter ma démission à la gueul…. » Lysange piqua un fard en détournant le regard. « Pardon... c’est pas du tout professionnel, mais là vraiment, il m’a chauffée.... y’a des fois je me demande vraiment ce qui me retient de chercher du travail ailleurs .... »

Barbara la regardait sans jugement, écoutant simplement.

« Vous savez.... si vraiment vous pensez que ce travail vous fait plus de mal que de bien, vous devez démissionner. Rien ni personne ne peut vous obliger à subir ce genre de traitement ».

« Mmh.... disons que... le travail me plait... c’est varié et je rencontre des tas de gens intéressants.. et puis il y a les autres employés… vous, Nealson... Tom... mais lui... lui... là …. là c’est pire qu’avant... ».

Les deux femmes étaient assises sur les marches de la grande bâtisse qui servait de maison commune aux employés. Barbara pressa gentiment la main de Lysange. « Vraiment ? Pire qu’avant ? ».

La brunette était au bord des larmes, comme épuisée. « Oui… oui parce que c’est comme s’il regrettait d’avoir écrit cette lettre, comme s’il voulait me le faire payer... c’est de toute même pas de ma faute !  Et de toute façon il est toujours là à décider ! En plus il me dit pas tout, et hier soir je suis encore passée pour une idiote parce que j’étais pas au courant d’un truc avec le grand patron et... ».

« Chuuuuuut.... Allez.... Respirez... Respirez doucement... ça va passer, ne vous mettez pas dans des états pareils pour lui. Il n’en vaut pas la peine... Parlez moi plutôt de vous ! » Barbara avait gentiment pris Lysange par l’épaule, cherchant à la rassurer.

« Bah ! Y’a rien à dire. J’ai même plus envie de sortir, et de toute façon, je vais encore moins pouvoir qu’avant, vu que je peux plus aller et venir tranquillement. Avec cette affaire j’ai tout perdu moi ! Ma liberté, le peu de temps que j’avais pour moi et même son respect !! »

«Allez.... je suis bien sûre qu’il vous respecte, c’est tout de même bien vous qu’il a nommée comme responsable auprès de la Chancellerie, non ? Il ne l’aurait pas fait s’il n’avait pas confiance en vous ».

« Mmh.... oui.... mais.... oui... ‘Fin quand même... j’ai l’impression que ça va mal finir tout ça.... ».

Barbara pressa l’épaule de Lysange avec inquiétude. «Comment ça, mal finir ? Vous allez nous quitter alors ? Vous n’allez pas faire une bêtise n’est ce pas ?!? ».

« Naaaan ! Nan pas moi !!!! C’est lui, il est pire qu’avant à toujours ronchonner et s’inquiéter... et il veut pas vraiment lâcher prise alors qu’il devrait... moi je m’attends presque à ce qu’il me claque dans les bras en pestant contre moi, voyez... je peux pas le laisser tout seul pour gérer le domaine justement parce que les affaires reprennent bien…. et en même temps... je….je…  j’en viendrais presque à espérer que.... ».

Lysange regarda Barbara avec effarement, le regard halluciné. Son visage vira au cramoisi et sa main vint éteindre un juron. D’un bond elle fut sur pieds. «Bon ! J’ai du travail qui m’attend !!! À plus tard ! ».

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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyLun 4 Fév - 17:25

« Mais c’est grâce à vous alors ?  Ou bien c’est l’arrivée prévue du traqueur ? Parce que franchement, là c’est le jour et la nuit.... ». C’était la pause et Lysange avait apporté une tasse de café à Barbara qui travaillait au tri des pommes en vue de la fabrication du désormais fameux « jus de pommes maison » des Établissements Fossard.« Oh non, ce n’est pas grâce à moi. Je pense plutôt que ce sont les tartelettes offertes par la dame qui est passée hier dans l’après-midi, je lui ai indiqué le chemin jusque chez lui».

La toute nouvelle intendante sursauta. « Comment ça des tartelettes ? Monsieur Pignac à accepté quelque chose de quelqu’un ?!?! D’une femme en plus ?!? » Barbara hocha la tête, amusée. « Mmh... Une petite dame qui habite le quartier, toute douce, elle s’est présentée avec ses gâteaux bien emballés et il n’a pas osé refuser, apparemment, puisque je l’ai vue repasser au retour sans sa boîte de gâteaux et souriante comme une jeune fille qui vient de rencontrer le prince charmant».

Lysange frappa du plat de la main sur sa cuisse. « Saperlipopette !!!! Ah ben ça, ça m’épate !!!! Vrai de vrai, j’aurais pas constaté un changement étonnant dans son attitude, hier soir, je vous croirais pas…. Et il l’a reçue chez lui alors ? Il l’a laissée entrer chez lui.... pénétrer son intimité... Non .... ça c’est pas possible... ».

Barbara éclata de rire à la vue d’une Lysange totalement hallucinée. « Ah ça je ne peux pas dire ! Mais vu le temps qu’elle y est restée, ça m’étonnerait qu’ils aient eu le temps de prendre le thé... ou... autre chose. Ce qui est sûr c’est qu’elle n’avait plus ses gâteaux quand elle est repartie. »

Lysange n’en revenait toujours pas. « Ah ben ... moi qui croyait qu’il était juste trop fatigué pour me houspiller comme d’habitude... mais en même temps  je voyais bien qu’il y avait autre chose... comme une forme de gentillesse qui ressortait...plus posé aussi... incroyable... oui, incroyable... ».

Barbara passa sa tasse vide dans l’eau fraîche d’un seau dont elle préleva de quoi se désaltérer, toujours amusée par la réaction de Lysange. « Donc ça va mieux entre vous ? Vous n’êtes plus au trente sixième dessous ? Vous n’envisagez plus de nous quitter ? ».

Lysange avait l’air de revivre en pensées le déroulement de la soirée. « Bah... c’est sûr que je le préfère comme ça hein... C’est pas non plus le grand amour, mais au moins il n’est pas sans arrêt en train de me tirer dans les pattes ou de me pousser à bout ... Et puis y’a le traqueur qui va arriver, ça va pas mal me décharger.... et... Oh ! Vous savez pas qui j’ai vu, tard hier soir ? ».

La rousse repris le travail tout en incitant d’un sourire la jeune femme à poursuivre. « Non... mais mon petit doigt me dit que je ne vais pas tarder à savoir ».

Lysange s’exclama. « Jacob ! Enfin non, Junior en fait, il a de nouveau repris son surnom. Ce sale gamin  de Junior !! ».

Barbara s’amusait de tout cet enthousiasme, attendant la suite. « C’est un ami.... enfin... si, je suppose que c’est toujours un ami.... c’était même mon meilleur ami, il y a de ça un an passé... pis y’a eu Joe... et j’ai un peu lâché Junior... pis ensuite je l’ai plus revu... il est parti en voyage... et là il est revenu ...».

Lysange semblait hésitante quant à l’impact de ce retour. Barbara lui adressa un sourire énigmatique. « Et ? On dirait que cela vous chamboule un peu ? Un ami ou... ? ». Lysange la regarda sans comprendre de longues secondes. « Hein ? Quoi ? Ah !!! Mais non ! Non y’a jamais rien eu d’autre hein !!! Et y’aura jamais rien. C’est juste un ami ! Il le sait en plus !! C’est pour ça que.... ».

Lysange s’arrêta net en rougissant. Barbara déposait sur claies les pommes qui devaient encore mûrir. « Que ? ».

La jeune intendante secoua la tête. « Ben.. je viens de me rendre compte que c’est moi qui lui ai proposé de me ramener chez moi... comme dans l’temps... alors que je l’fais jamais, pour pas donner de faux espoirs au gars, qu’il aille pas s’imaginer qu’il pourra aller plus loin que le seuil de ma maison... Oh là là... j’espère qu’il va pas rêver en avoir plus... ».

N’y tenant plus Barbara éclata à nouveau de rire. « S’il vous connaît aussi bien que vous le dites, ça m’étonnerait ! ».

Lysange ne sût que répondre, désarçonnée par cette joyeuse franchise.

« La vache ! » avait dit Junior en essayant de la prendre dans ses bras la veille « t’es devenue drôlement farouche dis donc ! ». Ce à quoi elle avait rétorqué « J’l’ai toujours été, t’as juste oublié », rajoutant après quelques secondes « Je m’suis peut-être un peu fermée, remarque... ».

Ce soir là, c’est une tête pleine de questions qu’elle posa sur l’oreiller. Se pourrait-il qu’elle se soit vraiment durcie au contact du vieux Pignac ? Et si c’était pour cette raison qu’elle n’avait même plus envie de sortir ?  Et si elle n’était même plus capable de percevoir cet amour dont elle rêvait ? Et si elle avait définitivement pris le chemin pour finir vieille fille ? Et si.... ? Et si ... ?

« Avec tous tes si, tu pourras bientôt mettre tout l’port en bouteille ! » aurait dit Benjamin en lui donnant une bourrade. «Et arrête donc de penser comme ça, tu m’fatigues ! File moi plutôt la bouteille de rhum !».
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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyMar 5 Fév - 19:49

« J’ai vu Tom, ce matin, et il est question qu’il perde définitivement son oeil, si j’en crois le soignant que j’ai vu en sortant… mais  je ne suis pas sûre qu’il en ait conscience. ». Lysange resta à l’arrêt, comme si l’information avait du mal à se frayer un chemin dans le fil de ses pensées. « Mais… il va pouvoir reprendre son travail ? Vous allez tout faire pour l’aider n’est ce pas ? ».Barbara hocha la tête en silence puis émit un soupir.  «… J’espère qu’il acceptera mon aide… ».


Lysange dodelinait de la tête avec perplexité. « Mmh… c’est compliqué un homme, je trouve. Ils sont prêts à se battre contre n’importe qui pour n’importe quoi… et en même temps  ils sont incapables d’affronter les vrais problèmes…. Ou alors.. j’les comprends pas.. c’possible aussi. »


Les deux femmes se retrouvaient sans même en avoir décidé, papotant à la pause, assises sur les marches de la maison commune, après le déjeuner.


« Je me demandais.... », Lysange hésitait, « .... est-ce que vous aussi ça vous fait quelque chose... là... » ,elle posa la main aux environs de son sternum, « ... quand vous voyez ... un homme ... enfin un homme qui... un homme fort, voyez... un homme qui saura vous protéger disons ... ».


Barbara l’écoutait, amusée mais bienveillante. Elle éclata de rire. « Oh, oh, oh !!!! Mais c’est le gardien qui vous a tourné la tête ma parole !!!  C’est vrai qu’il est impressionnant dans son armure ! ».


Lysange s’empourpra. « Quoi ? Hein ? Mais non !!! Il m’a rien tourné du tout !!! Qu’est ce que vous allez imaginer ! De toute façon on a rien dit, je vois pas comment il m’aurait retournée ! C’est juste qu’il m’a accompagnée quand je suis allée à la Chope voir la patronne, et après il est resté à surveiller les alentours quand... quand... », elle hésitait de nouveau, partagée entre se livrer sans crainte et prendre garde à ne pas trahir le secret professionnel, « ..quand j’ai discuté avec l’évêque d’un truc que je dois voir avec Monsieur Pignac... un truc vraiment très très grave, et très important... désolée je peux pas en dire plus ».

Barbara secoua la tête en souriant. « Ne vous inquiétez pas, je ne vous demande pas de tout me raconter, vous avez un statut différent maintenant, vous devez garder certaines choses secrètes.... et donc... ce gardien, il vous attire, c’est ça ? ».

Lysange était toute à ses réflexions sur la réunion qu’elle avait promis d’organiser, elle sursauta. « Quoi ? Ted ? Oh ! Euh... je sais pas. Il ... il est trop secret, je le connais pas, moi, pas du tout. Mais... c’est de le voir là… à me protéger… ça vous fait ça à vous aussi, d’être à côté d’un homme et... de ressentir un... enfin... d’avoir envie de... ? ». La rousse esquissa un sourire, l’incitant à poursuivre.


Lysange souffla.
« J’ai pas dit que j’avais envie de coucher avec lui, hein ! Me faites pas dire ce que j’ai pas dit ! ».  Barbara tâchait de garder son sérieux, même si les questionnements de sa cadette égayaient sa journée. « Je ne me permettrais pas, Lysange, et puis de toute façon, cela ne me regarde pas.  Mais  vous savez... c’est tout naturel d’avoir du désir et d’en ressentir les effets dans son corps, surtout quand on a personne à aimer au quotidien… Je dirais même que c’est positif ».


La jeune intendante était perdue dans ses réflexions. « Mmh.. Vous en savez des choses… pourtant vous avez pas l’air si vieille… enfin j’veux dire….. plus vieille que moi, c’est sûr mais… ». Barbara esquissa son sourire énigmatique. «Pensez vous qu’il faille être vieux, pour savoir des choses… ou plutôt qu’il faille savoir apprendre de la vie, quel que soit l’âge ? ».  La perplexité de la jeune femme grandissait. « Hein… ça veut dire quoi ça ? Je comprends pas… ».


Barbara se leva et frotta son pantalon dans un geste qui lui semblait familier. « Ce que je veux dire, Lysange, c’est que l’on peut être âgé et voir la vie comme si on avait encore vingt ans, ou au contraire n’avoir que vingt ans et agir comme un vieux crouton coincé dans sa bulle. C’est une question de personnalité, peut-être, je ne sais pas. Toujours est-il que l’âge véritable ne compte pas. Ce qui importe c’est d’appréhender la vie comme une découverte permanente, vous comprenez ? ».


Lysange se leva à son tour. « Je crois oui. Donc pour vous, c’est une bonne chose que je me questionne tout le temps comme ça ? C’est pas ce qu’aurait dit Benjy, j’peux vous dire…. ». Barbara éclata de rire gaiement. « J’aurais tant aimé le rencontrer, votre Benjamin ! Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Se questionner sur ses émotions et ses ressentis est une bonne chose,  se tourmenter avec des idées de toutes sortes, par contre, là… »


" Hein ? Quoi ? Mais c’est quoi la différence ? » Barbara s’en allait en riant. « On en reparlera ! Promis ! J’ai du travail qui m’attend ! A bientôt ! Et passez le bonjour à Ted ! ».
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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyMer 6 Fév - 15:18

« Oui… mais en fait non, moi je peux pas me dire que ça va durer comme ça toute la vie, hein… seule, tous les soirs, comme ça, sans personne à aimer ?!?…. non, mais… c’est juste pas possible, ça ! ».

Lysange était aux écuries, discutant avec Matilda du succès encourageant de leur présence commerciale, la veille sur les quais, lorsque Nealson était passé pour vérifier son travail sur une bête qu’il fallait caparaçonner. De façon tout à fait étonnante, surtout de la part du forgeron, la discussion s’était engagée sur la vie « à côté », cette vie dont chacun rêvait, sans trop en dire.

« Bah… moi les bêtes me suffisent »,  disait Matilda tout en bouchonnant l’une des juments qui allaient être livrées le soir même aux paladins de l’Eglise qui partaient guerroyer,  « je trouve que les gens sont tous pénibles, globalement ». D’un regard inconscient dirigé vers le forgeron, elle sembla démentir ses paroles.  «J’ai fini par en prendre mon parti. Il vaut mieux rester seule qu’être mal accompagnée. »

Nealson écoutait, la main dans la nuque, un petit sourire pour toute participation à la conversation,  comme souvent lorsqu’il s’agissait de choses personnelles. Lysange se tourna vers lui. « Et toi Nealson ? Tu vas pas me faire croire que tu te satisfais de ton travail, même si ça te passionne ? Tout le monde le sait, hein, que tu vas régulièrement en ville avec l’espoir de te trouver une petite femme ! ».

Il y avait comme de la jalousie dans le ton de la jeune femme. Le forgeron esquissa un sourire amusé. « Et où est le mal Mademoiselle la raisonneuse ? J’ai rien à cacher, c’est une recherche honnête, je veux fonder un foyer et avoir des enfants. Et comme les filles d’ici préfèrent les bêtes aux hommes… ben…  ». Son regard s’alluma, et, contre toute attente, il s’approcha de Lysange, la main arrêtée dans un mouvement près de son bras. « Par contre, toi tu clames le contraire… alors je m’disais que… si t’étais intéressée… ben on pourrait en discuter…  un peu mieux… devant une bière, par exemple… non ? ». Le ton était faussement séducteur et se voulait humoristique, mais il était évident qu’il y avait quelque chose qui ne se disait pas.

Lysange se recula d’un pas en arrière, comme piquée par une guêpe.
« Euh… nan mais… Nealson… t’es …. ‘fin t’es gentil et tout, hein… t’as plein de qualités, je dis pas, mais…. ». Nealson se frotta le haut du crâne, faussement vexé. « Mais j'te plais pas, je sais, j’ai bien compris ». Lysange secoua vivement la tête, désolée. « Mais non c’est pas ça ! Mais alors pas du tout, c’est que…. ». Elle s’empourpra, ne sut que dire de plus au forgeron qui souriait, et se tourna donc vers Matilda pour sortir de l’impasse où elle venait de se mettre.

La dresseuse les observait en silence, bouchonnant une des juments du domaine.
« Tu sais que Babash devrait arriver très bientôt ? ». Matilda hocha la tête,  présente à chaque réaction émanant du cheval, toujours aussi attentive dans ses gestes pourtant mille fois répétés. « Mmh.. j’ai entendu parler de ça, en effet. Mais je ne sais pas vraiment qui est ce Babash, donc je t’avouerai que cela ne m’a plus que ça interpellée. Il va prendre la direction du dressage des bêtes, c’est ça ? ».

Lysange adressa à Nealson un sourire mitigé, entre gêne, perplexité et questionnement, puis s’approcha de Matilda comme pour mettre une distance physique avec ce qu’elle ne comprenait pas. « Ben…  disons qu’il va surtout m’épauler pour les ventes et les présentations de bêtes, en remplacement de M’sieur Pignac, tu vois. Pour ce qui est du travail quotidien, je crois pas qu’il va se mêler de ce que tu fais. Mais si ça te pose problème, faudra me le dire, je verrais avec le vieux ». Matilda se contenta d’acquiescer, la perspective d’avoir un supérieur n’ayant pas l’air de lui causer le moindre souci. « C’est bon pour moi, ne t’inquiète pas ».

Le forgeron les observait, la main de nouveau dans la nuque, songeur. Tout à coup, il s’approcha de la jument que Matilda bouchonnait, comme pour vérifier ses sabots, caressant le flanc, de l’autre côté. « Tout doux ma belle… Toi et moi on apprend à s’connaître … j’te veux que du bien… tu l’sais ça, hein… ».

Lysange écarquillait les yeux, son regard passant du forgeron à la dresseuse, puis de la dresseuse au forgeron, comme si l’évidence émergeait avec une luminosité croissante.« Ah mais ! Ah ben d’accord !!! Bon, ben… j’vous laisse hein ! J’ai du travail, moi ! J’ai un contrat de partenariat à signer, une réunion à préparer et la vente aux enchères à finaliser,  et après tout ça faut que j’aille chercher Tom au dispensaire ! Il a enfin la permission de sortir, j'ai hâte de le voir reprendre sa place, à plus tard !».
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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyJeu 7 Fév - 14:42

« Mais vous vous rendez compte ! Si on doit accueillir des prisonniers de la Garde, ça risque d’être des gars comme ceux que j’ai vus hier soir ! De vrais malabars !!! ». Lysange prenait sa pause avec Barbara, non loin du bureau où travaillait l’intendant Pignac à la relecture d’un contrat de partenariat entre la Maison Fossard et la Maison du Duc d’Althain.

« Mais... je ne comprends pas... vous étiez bien avec Monsieur Pignac pour la livraison des chevaux pour la mission des paladins de L’Eglise ? Où avez vous vu ces combattants ? ». Barbara avait du mal à suivre les explications animées de Lysange.

La jeune femme racontait en les mimant les combats organisés par le patron du Septième Verre, la taverne du quartier nain. « Dans la cour ! Derrière ! Dans cette taverne ! Vous les auriez vus ! Ça cognait sec ! C’était pas du chiqué !! ».

« Mais.... », la rousse avait bien du mal à imaginer Marcel Pignac dans ce genre d’établissement, « .... il vous a accompagnée ? Comment avez-vous  réussi à le convaincre ?». Lysange éclata de rire. « Mais non, c’est lui qui en a eu l’idée !!! Et vous savez quoi ?!?!  Il est arrivé un peu en retard pour la livraison des chevaux, tout guilleret à cause d’Ernestine ! Si, si, c’est lui-même qui me l’a dit ! Il a même proposé de partager ses madeleines !!! ».

Difficile d’imaginer le vieil intendant acceptant de converser avec la petite dame. « Des blablas il a dit... n’empêche qu’il mange tous ses gâteaux en cachette ! C’est Ted qui me l’a raconté ! ».

Les deux femmes riaient de bon cœur. Le forgeron passa au loin et Lysange le suivit des yeux. « C’est sûr que si c’est Nealson qui supervise les prisonniers qu’on doit accueillir, ça ira... mais si on doit les mettre dans les enclos avec Matilda ... ou dans les champs avec vous...  ça peut déborder, vous croyez pas ? Ça vous fait pas peur ? »

Barbara secoua doucement la tête avec un sourire amusé, l’éventualité de côtoyer des repris de justice n’ayant pas l’air de la terroriser. « Je suppose que ceux qui viendront chez nous seront choisis pour leur volonté de se racheter et leur capacité à se tenir correctement. Et puis cette proposition de Monsieur Pignac est très positive, pour ces personnes mais aussi pour nous ». Lysange réfléchissait en jouant avec un petit morceau de bois qu’elle tailladait au canif. « C’est sûr que de participer à la réinsertion de prisonniers, c’est bon pour notre image... mais de voir ces gros baraqués se battre, ben... ça m’a un peu questionnée.. y’en a...  ils aiment vraiment ça, taper et recevoir des coups, ça se voyait bien».

Barbara se redressa, prête à reprendre ses tâches, elle avait retrouvé son sourire énigmatique. « On dirait que cela vous préoccupe... finalement vous ne rêvez plus devant un corps musclé ? ». Lysange rangea son canif et glissa le petit morceau de bois dans la poche arrière de son pantalon. « Bah ! Vous savez ce qu’il m’a dit M’sieur Pignac hier soir ? Que les muscles ça suffisait pas. Sur le coup ça m’a énervée, mais quand j’ai vu un des gars mettre un pain à une femme combattante, aussi rageuse que lui, ben... j’ai trouvé ça moins beau du coup. Cette façon d’être... taper au lieu de parler... c’est pas moi, c’est sûr. Si je dois choisir entre un gars tout en muscles et un autre qui m’fait rire ou me fait rêver, ben... c’est sûr que j’hésite pas une seconde ».

Barbara s’approcha. « Voyez... c’est ce que je vous disais l’autre jour... chaque petit événement vous incite à la réflexion... vous êtes dans la découverte permanente de vous-même et je doute que cela cesse un jour. Muscles ou pas, ce n’est pas le problème. Il faut quelqu’un qui puisse vous suivre dans cette quête, ou du moins qui ne cherche pas à vous enfermer».

Lysange opinait doucement, les paroles de Barbara touchaient juste et risquaient de la perturber. La rousse lui pressa le bras gentiment. «Mais vous trouverez ! Je n’en doute pas, vous trouverez ! Allez, ne perdez pas votre joie de vivre, c’est probablement ce qui vous mènera à lui.... ou lui à vous, allez savoir ! À plus tard ! ».
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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyVen 8 Fév - 18:17



« Alors comme ça, t’acceptes des rendez-vous en ville avec un type ? ». Le forgeron rinçait à grande eau fraîche une pièce qui sortait tout juste de sa forge. Venue faire l’inventaire des métaux à commander, Lysange lui lança un regard noir. « Comment tu sais ça toi ? »

Nealson la regardait tout en travaillant, des gestes précis, nets, sans fioritures. « C’est Matilda qui en a parlé ce matin, paraît même que t’en avais deux à tes trousses, des godelureaux, hier soir ».. ll gardait son air sérieux histoire de la faire réagir. « Même que le vieux t’as houspillée comme si t’allait t’enfuir avec l’un des deux ». Si Lysange n’avait pas foncé tête baissée dans le piège tendu amicalement, elle aurait vu qu’il blaguait. Au lieu de ça, elle rua immédiatement dans les brancards.

«Non mais !!! De quoi j’me mêle !!!  En plus c’était Junior, qui est venu faire le malin….  comme si je lui avais donné rendez-vous. N’importe quoi ! Toujours ses manières de voyou… ». Elle bougonnait mais son sourire cachait une forme de tendresse. « Mais l’autre c’est pas « un type », c’est un client, un guerrier, un Comte même, si tu veux savoir. C’est pas n’importe qui ! ».

Nealson remettait la pièce de caparaçon à chauffer, souriant en coin. « Un Comte, rien que ça… », il l’observait sans pour autant surveiller attentivement le métal qui chauffait,« C’est sûr que moi, à côté, je vaux pas tripette ».

Lysange se redressa, prête à bondir. « Mais…. qu’est-ce que tu vas chercher ! Comme si c’était important pour moi !! Tu sais bien que je m’en fiches !! ». Son indignation était sincère. « Mais tu peux pas parler d’un client en disant juste « un type », ça se fait pas ça ! »

« Mmhh…  parce que si tu as accepté de prendre un verre avec lui.. et pas avec moi, donc… », il planta son regard vert dans celui de la jeune femme, moqueur, «  j’en conclus que c’est uniquement parce que c’est un client ? Et tu le lui as dit ? ».

« Mais…. c’est quoi toutes ces questions ?!? Je te demande, moi, qui tu rencontres en ville ? Je te demande ce que tu fais avec Matilda ? Je … je… ! Ooh !!! Tu m’agaces à la fin !!! ». La pression était montée très vite et Lysange ressemblait à une mine gnome sur le point d’exploser.

Le forgeron laissa la pièce au feu, non sans avoir vérifié au préalable qu’elle ne risquait rien, enleva ses gants et vint se poster devant la jeune femme, ses deux mains posées sur ses épaules.
« Tu sais quoi ? Tu m’amuses en fait… T’es mignonne comme tout avec tes rêves, et tes idées bien arrêtées, et tes questions, et ta joie de vivre, et tes rires, et même tes colères, tiens…. ». Il pencha la tête de côté, le regard rieur. « Surtout tes colères, peut-être même… ».

Lysange sursauta au contact des mains larges et fermes du forgeron sur ses épaules, un instant stupéfaite. « Hein ? Tu me cherches là ? C’est ça ? ». Nealson souriait largement. « Ben… tu cours pas, tu voles comme si t’avais des bottes-fusée, avoue que c’est tentant…. ». Il se pencha et posa rapidement un baiser sur sa joue, à peine effleuré. « Mais c’est parce que j’t’apprécie Lysange, sinon.. tu penses bien… je m’amuserais pas à ça ».

Il la regarda un instant, le regard toujours rieur mais le visage tout à coup figé, puis dans un geste brusque il se retourna, mit ses gants, et tout en reprenant la pièce chauffée à blanc, lâcha, presque bougon. « Bon, c’est pas tout ça, mais j’ai du boulot là. »

Fin de la conversation. Lysange n’avait plus qu’à repartir au bureau, son livre d’inventaire sous le bras, la tête bouillonnant de questions multiples, le coeur battant la chamade. [/i]

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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyDim 10 Fév - 0:41

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« Et puis c’est drôlement bien peint… … j’suis sûre que c’est un tableau qui vaut cher, en plus… ». Lysange terminait la description du tableau que Junior, passant probablement par les toits, était venu accrocher au dessus de son lit dans la soirée du jeudi, pendant qu’elle était à la vente aux enchères.

Barbara écoutait avec un mélange d’amusement et de tendresse.
« Et bien dites donc… un homme qui vous tricote une écharpe… un autre qui risque la prison pour vous offrir un tableau… Nealson qui vous embrasse dans un élan que je ne saurais qualifier …sans compter tous ceux que je ne connais pas…  vous leur faites tous tourner la tête, ma parole !  Donnez moi vite votre secret.» Elle riait en parlant, mais son désir semblait sincère. Lysange la regarda, stupéfaite. « Non mais… parce que vous croyez que je le fais exprès ?!? Ah mais non hein !!!! Moi je demande rien ! Je fais rien pour avoir tout ça ! Je suis juste… ben je sais pas moi.. je suis moi quoi !! ».

A l’idée que l’on puisse imaginer qu’elle se jouait de tous ces hommes comme une gourgandine du Septième Verre, Lysange en était toute retournée.  Barbara posa sa main sur son bras dans un geste d’apaisement. « Non, non, non, ne vous méprenez pas. Je ne vous crois pas du tout volontaire ou séductrice, mais avouez que c’est tout de même étonnant… à votre avis qu’est-ce qui se passe alors ? ».

La nouvelle intendante observait son aînée, sourcils froncés. « Mais qu’est-ce que j’en sais moi ! Sans doute qu’ils me voient comme celle qu’ils espèrent en secret ? Ou…. peut-être que je suis trop gentille, à les écouter… mais je saurais pas faire autrement, j’ai aucune raison de les envoyer paître… ». Elle fronça le nez, dans un sursaut de réflexion. « Remarquez… c’est sûr qu’après je me retrouve à les décevoir… c’est sans doute pas mieux… Je devrais faire comment selon vous ? ».

Elle avait sorti de sa sacoche l’enquête du gnome pour lui montrer les réponses concernant les nains et la garde et avoir son avis, mais Barbara était bien plus intéressée par les déboires amoureux de Lysange que par ces nains qui ne méritaient pas, selon elle, que l’on s’y intéresse.


« Hum…. donc pour vous, ils ne vous voient pas telle que vous êtes vraiment ? C’est peut-être là qu’il faut chercher». Lysange était partie dans une grande réflexion. « Mmh… dit comme ça, c’est comme si je n’étais pas moi-même, alors que si, mais en fait … tant que je m’attache pas, j’m’en fiche moi, de leur vie… alors je peux être moi-même sans risques, mais si je commence à m’attacher … alors là.. oui, c’est sûr, je vais finir par faire peur. »

« Vous, Lysange, vous feriez peur ? Laissez moi rire ! ». Barbara n’avait aucun désir de retourner travailler. Lysange continua, toujours aussi volubile. «  Ah mais si ! Si, si, si, je vous assure, je fais peur ! Parce que je sais pas faire les choses à moitié, moi. Jamais ! Alors si je m’attache à un gars ben… je vais avoir du mal à pas être attentive à tout ce qu’il dit ou fait, voyez. J’peux même être jalouse… c’t’une vraie horreur, enfin pour moi, par ce que pour lui,  je fais gaffe quand même, je le montre pas, enfin j’essaye… je garde ça pour moi…. Mais tout de même, j’suis sûre qu’au final, il va le sentir, que j’suis du genre à trop en vouloir, surtout si j’glisse…». Lysange grimaça.

La rousse souriait largement, Lysange avait l’art de mettre de la joie partout où elle passait, même en se dénigrant.
« Comment ça, si vous glissez ? ». Lysange la regarda, suspicieuse. « Ben… si j’tombe amoureuse, pardi. A quoi vous pensiez ? C’pour ça que j’fais gaffe à bien garder mes distances. Faut surtout pas que j’tombe amoureuse, parce que là…. ». Elle grimaça de nouveau.

«Tenez ! Ben je suis sûre que Nealson c’est un peu ça ! Je lui plais, c’est sûr, mais si je commence à me laisser glisser, ça va pas rater ! Je vais lui faire peur, et envie, mais peur de plus en plus, même s’il s’en rend pas compte… et au final il va fuir, et c’est moi qui vais me retrouver toute seule… ». Elle soupira, comme si tous les malheurs du monde tombaient sur ses épaules. « Y’a pas de solution… c’est fichu… »

Barbara avait vraiment du mal à ne pas rire franchement. Elle posa de nouveau sa main sur le bras de la jeune femme. « Mais non… je suis sûre qu’il y en a un quelque part qui saura vous voir telle que vous êtes ». Lysange opina, sans pourtant y croire. « Bah… ceux que je connais ils sont gentils, c’est sûr, et pour le moment ils ont pas peur, mais je crois qu’ils se trompent sur moi. Ils voient pas que je vais finir par me lasser si y’a pas un peu de folie…. Oui, c’est ça… il m’en faut un qui soit un peu fou. Un qui m’étonne, voyez ? Pas un que j’ai tout compris comment il fonctionne au bout d’une heure, parce que là…. ben… c’est moi qui vais devenir folle. Ou alors je vais m’éteindre et c’est vraiment pas mieux »

Barbara l’observait, le regard affûté. «A vous écouter, j’ai le sentiment que vous ne savez pas choisir entre la douceur d’une relation bien rangée et le piquant d’une relation plus…. chaotique ». L’intendante se redressa, comme emportée par l’évidence. « Ben oui ! C’est exactement ça ! J’veux les deux en fait ! Me faut les deux ! ». Elle s’affaissa sur elle même, dépitée. « Pfff… Voyez…  je veux tout…. j’en veux toujours trop… j’me bafferais, tiens, si j’pouvais… ».

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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyDim 10 Fév - 22:31




Matilda restait à l’écart, occupée et même très occupée auprès des félins qui tournaient en rond autour d’elle. Lysange avait réussi à entraîner à sa suite les jumelles Valbran, arrivées la veille et affectées à la sellerie Fossard, pour tenter de dérider la dresseuse.

Accoudées à l’enclos elles observaient toutes trois le manège de la blonde platine qui affichait un mutisme courtois.
« Matilda… viens donc discuter un peu avec nous… Je voudrais te présenter nos deux nouvelles artisanes ! ». Lysange avait entendu dire que la dresseuse avait été bien plus affectée qu’elle ne l’avait montré la veille. Comme quoi, le vieux Pignac n’avait pas tort : que le gagnant de la vente aux enchères, un certain Rowan Avasarala, reparte avec le tigre blanc, son préféré, l’avait réellement bien affectée.

« Je ne comprends pas comment on peut être autant attristée… » commença Peggy, « …   par le départ d’un animal » termina Djane. Les jumelles avaient cette particularité agaçante de parler à deux, l’une finissant la phrase de l’autre, ce qui n’aidait pas à leur différenciation.  

Lysange les observa un moment, ne sachant déjà plus qui était Peggy, et qui était Djane.
« Bah… qui vous dit qu’elle ne serait pas encore plus triste pour la perte d’un homme, ça n’empêche pas ».

Les deux jeunes femmes hochèrent la tête de concert, arborant la même petite moue vaguement condescendante. « C’qu’elle peuvent être… filles ! » pensa Lysange bien fort en terminant sa phrase d’un « Mmh » un peu trop réprobateur.

Les deux jumelles se tournèrent de concert vers Lysange,  l’une et l’autre plantant leur regard clair dans celui de la jeune intendante qui ne put, encore une fois, s’empêcher de rosir de gêne. «Ceci dit, tout dépend probablement de l’animal.. » compléta Djane gracieusement, « … et des liens que l’on a créés avec lui » termina Peggy dans un sourire charmeur « Cela va sans dire » finirent-elles en choeur avec un léger rire.

Lysange opina, perplexe. Les jumelles avaient ce petit quelque chose de féminin qui l’agaçait mais l’attirait tout autant. Adoptée par le vieux Ben’, elle se savait relativement ignorante sur le sujet et ressentait parfois quelque envie d’entrer dans ce monde inconnu.
 « Bon… je crois qu’elle n’est pas disposée à discuter. Désolée, on va la laisser, elle ira mieux demain »

L’intendante essayait de remplir son rôle avec professionnalisme. Elle fit signe à Matilda qu’elle repasserait plus tard et s’écarta de l’enclos. Les jumelles lui emboitèrent le pas souplement.

« Avez-vous des questions, des besoins, je suis là pour vous aider, alors dites moi ! ». Il n’était pas question de se laisser distraire par des questionnements aussi puérils sur ce que devait être une « vraie femme » ou pas,  et Lysange n’avait nulle envie de laisser paraître ses questionnements.

Les deux soeurs Valbran se regardèrent longuement, échangeant quelques regards et sourires qui semblaient bien être une forme de conversation, puis se tournèrent ensemble vers Lysange le visage souriant.
« Et bien.. puisque vous le proposez… » commença Peggy, « nous aimerions être présentées un peu plus officiellement au forgeron » termina Djane en regardant sa soeur.

Lysange les regarda un long moment avant de pouvoir réagir.
« Euh…. Nealson ? Vous voulez que je vous présente… Nealson, c’est ça ? ». Les deux artisanes esquissèrent le même sourire amusé dans un hochement de tête. « Si c’est son prénom… » commença Djane, « .. alors c’est bien de Nealson qu’il s’agit », complèta Peggy.

Lysange glissa sur une petite motte de terre en faisant demi-tour.
« Ah. Ben…. oui, bien sûr…. euh…  suivez moi, je vais vous le présenter…. »

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La pie raconteuse

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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyLun 11 Fév - 11:38

Sur le domaine Fossard l’activité a repris de plus belle alors que le vieil intendant a passé la main à sa jeune collaboratrice.

Les rendez-vous commerciaux se succèdent à rythme régulier et même s’il lui arrive d’être en retard ou de montrer de réelles difficultés liées à la fatigue, Marcel Pignac continue vaillamment de recevoir au mieux les visiteurs avec Lysange. Néanmoins celle-ci ne s’en plaint pas, estimant avoir encore à apprendre d’un Intendant qui perd chaque jour un peu plus de son mordant, préférant se délecter du rhum avec les visiteurs,  plutôt que de chercher à la houspiller comme il le faisait auparavant.

Tout irait donc au mieux si les attaques et les menaces ne pesaient lourdement sur leur quotidien.

Chaque fois qu’elle doit rencontrer quelqu’un en ville pour le travail, Lysange est désormais accompagnée. Si l’intendant décline de plus en plus souvent ce type de rendez-vous, la laissant gérer seule des entretiens parfois confidentiels, il demande à Ted Mangin, gardien respecté chez Fossard, de l’accompagner et de la protéger.

Les seuls instants de solitude pour Lysange se limitent aux fins de journée lorsqu’elle rentre chez elle, même si l’intendant insiste pour qu’elle emmène Karne, son chien de défense.  La vie quotidienne de Lysange est donc bien différente de celle de la petite scribe des débuts. Plus de ballades en ville le soir, plus de sorties sans accompagnateur, plus aucune liberté d’aller et venir à sa guise.

La seule fois où elle est allée en fin d’après-midi en ville à la rencontre du Comte de Bergsang, elle a eu si peur de retourner seule dans les faubourgs pour un rendez-vous commercial, qu’elle s’est sentie obligée d’accepter qu’il la raccompagne, tout en craignant qu’il ne prenne cet accord comme une invitation à la courtiser. De fait, le Comte ayant accepté, elle a été bien étonnée de le voir rester au domaine et se mêler à la suite du Marquis de Castegnac, la suivant de près, l’encourageant et lui adressant toutes sortes de signes d’un intérêt grandissant.

Finalement les rumeurs du retour imminent du grand Patron prennent des allures de délivrance. En effet, alors que Lysange s’inquiétait que ce retour annoncé ne sonne la fin de sa prise de responsabilités, il apparaît que l’ambiance délétère des dernières semaines trouverait peut-être à s’améliorer s’il revenait, comme prévu, reprendre l’affaire en mains.
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Lysange Delabay

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MessageSujet: Re: La Maison FOSSARD au fil des jours   La Maison FOSSARD au fil des jours - Page 2 EmptyMar 12 Fév - 17:18



« Mais quand même.... vous trouvez pas que j’ai eu tort de lui dire tout ça ? ». Lysange avait retrouvé Barbara pour leur petite pause quotidienne et racontait la soirée, un tantinet désemparée par ses propres réactions.

La veille, restée seule avec Ted Mangin pour accueillir la responsable de la Garde-Jour qui venait chercher son cheval offert par La Maison Fossard, elle lui avait reproché d’être trop fermé et froid, caché derrière son casque et son rôle de gardien.


« Est-ce qu’il a eu l’air de vous en vouloir ? ». Barbara essayait de rassurer Lysange qui, disait-elle, s’en voulait à mort. « Ben... c’est difficile de savoir, c’est vraiment pas le genre à dire ce qu’il pense et encore moins ce qu’il ressent hein... ».

Barbara avait beau essayer de relativiser, la jeune intendante restait convaincue qu’elle avait eu tort. « Lui, c’est simple,  il veut juste faire son travail du mieux possible, il s’en fout de mes états d’âme. Qu’est-ce qui m’a pris de lui parler de mon besoin de contact... je suis pas possible, vraiment...».

« Vous a-t’il fait une remarque indiquant qu’il vous trouvait intrusive ? »
. La rousse restait calme, ne montrait aucune lassitude à contrecarrer les reproches dont Lysange ne pouvait se défaire. « A-t-il changé d’attitude entre le début de la soirée et le moment où il vous a raccompagnée chez vous ? »

Depuis qu’elle devait assumer ses nouvelles responsabilités, la brunette à la joie de vivre communicative s’inquiétait de plus en plus souvent de ne pas être à la hauteur, craignant de ne pas savoir suffisamment mettre de côté son émotivité débordante.

Elle faillit répondre par la négative puis se ravisa.
 "Maintenant que vous m’y faites penser... je dirais que j’ai tout de même l’impression qu’il s’est un peu détendu au fil des heures, qu’il a essayé de m’aider, en se montrant aimable avec les deux dames de la Garde-Jour, et en sortant les chevaux de l’enclos, alors que c’est pas son boulot, et même qu’il s’est un peu ouvert en fin de soirée puisqu’il m’a parlé de lui sur le chemin du retour… enfin… pas beaucoup hein... mais un peu. »

Barbara l’écoutait avec attention. « Et il vous a donné le sentiment de se dénier ? De renoncer à quelque chose d’important ? D’être mécontent de lui, de son travail ? ». Lysange la regardait sans la voir, plongée dans ses souvenirs. « Oh non. Je crois pas... il m’a raccompagnée, toujours très pro’ , en me donnant du « À vos ordres madame » et… », elle se redressa et lui adressa un sourire presque juvénile, « … il m’a laissée à la porte de chez moi, après m’avoir saluée, comme si j’étais un chef d’armée! ».

De s’en souvenir la jeune femme éclata de rire. Barbara posa sa main sur son avant-bras. « Et bien, vous voyez ! C’est bien la preuve qu’il vous respecte dans vos nouvelles fonctions et qu’il agit en conséquence. Il vous a écoutée, a essayé de correspondre à vos attentes, tout en restant lui même et professionnel. Pour moi c’est la preuve que vous avez su être comme il fallait, Lysange Delabay, nouvelle intendante de la Maison Fossard, avec sa personnalité, son style, et son avenir ! ».

Lysange resta interdit un moment par cette vision inattendue d’elle même. Intendante Lysange Delabay… c’est vrai que ça sonnait pas si mal…
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