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 Les lettres à Ben.

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Lysange Delabay

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MessageSujet: Les lettres à Ben.   Mer 16 Mai - 16:38

Depuis quelques semaines, Lysange a pris l'habitude d'écrire à son tuteur décédé, le vieux Benjamin, surnommé Ben'. Elle lui parle comme s'il était là, et bien souvent imagine les questions et les réponses qu'aurait fait le vieux brigand s'il n'était pas mort d'avoir ingurgité trop de rhum.

Idée donnée par Keylian Mahoney, l'exercice s'est révélé au fil des jours particulièrement utile, car ces lettres lui servent à exprimer ses joies et ses peines sur le papier, ce qui lui évite d'être envahie d'émotions qu'elle ne réussit pas toujours à canaliser.

L'ensemble de ces lettres constitue un cahier, qu'elle emporte partout avec elle et qu'elle laisse traîner sur son bureau, sans du tout chercher à le cacher. Une fille comme Lysange ne pense pas toujours à se prémunir et est incapable de tromper sur ses intentions ou ses sentiments. Elle y raconte sa vie, ses erreurs passées ou présentes, ses envies, ses espoirs, ses rêves.

L'ensemble du cahier est présent ici, il est repris depuis la dernière lettre.


Citation :
Le 14/05/38

Tu vois Ben, je peux pas m’en empêcher, me revoilà encore.

Pourtant j’ai pas grand chose à te raconter, vu qu’hier je ne suis pas sortie. Enfin si, juste le temps d’aller faire une petite course.

Jacob en a d’ailleurs  profité pour me déposer un petit mot et une boite de truffes au chocolat. Il a appris par sa mère qui est officier à la Garde que j’avais été attaquée et il s’inquiétait. Et comme il veut pas me déranger quand je suis avec Joe, vu qu’il croit qu’on est ensemble, comme beaucoup j’ai l’impression, ben il a profité que je sortais une minute.

Il est gentil, hein ? Choupette il m’appelle, c’est mignon. Oui, surement qu’il est un peu triste de me voir collée à Joe, comme il dit dans son mot, mais il est content de me savoir heureuse, le temps que ça dure, et ça c’est la preuve que c’est un vrai ami.

Pourquoi je ne suis pas sortie ?

Bah, je savais que Joe serait occupé et ça m’a coupé l’envie. Et comme personne ne m’attend vraiment dehors, point de vue boulot je veux dire, et bien je suis restée à travailler sur mes cahiers de l’automne. Oui ! ça avance toujours bien, je crois que j’ai retrouvé l’envie de me coltiner ce genre de truc un peu lourd. Et ça, c’est une excellente chose, non ?

Je me disais, hier justement, que ce serait peut-être bien que je me trouve un vrai travail avec des gens, pour pas toujours rester seule ou avec Joe, vu qu’il va partir. Si ! Il va partir, je le sais, ça se précise de jour en jour, me met pas de fausses idées dans la tête, ça m’aidera pas !

Donc un vrai boulot avec des gens, t’en penses quoi ?

Je sais pas moi ! Je suis pas aussi asociale que ça, tout de même ! Un truc dans la communication, ça m’irait bien, ou les relations commerciales, tu vois, un boulot où il faut à la fois écrire et voir des gens. Ça pourrait être bien.

Mais il faut que ce soit des gens qui me bouffent pas… des gens qui parlent à peu près correctement… des gens qui ont quelque chose à dire… des gens qui font pas des menteries ou des salamalecs pour t’emberlificoter comme l’autre là… des gens qui savent rire aussi, parce que c’est important, de rire… donc des gens intelligents… des gentils au fond….. des ….

Oui ben je le sais, hein, que ça court par les rues !!! C’est pas comme si j’avais pas déjà tenté ! Mais regarde, avec le Garnement, ça collait pile poil, donc pourquoi je trouverai pas un boulot qui me conviendrait ?

C’est pas toi qui disait qu’il faut y croire pour que ça arrive ? Alors ! Hein ?!? Fais pas ton oiseau de mauvais augure, ça te ressemble pas, en plus. Ton ronchon, si tu veux, mais pas ton chieur !

Allez, je t’aime comme tu es, va !

Bisou,
Lyly



Citation :
Le 15/05/38

Hey, j’ai été bien occupée aujourd’hui, pour un peu je venais pas t’écrire, Ben, tu vois un peu.

C’est parce que hier soir j’ai rencontré un type qui a bien failli mettre le bazar à la Chope, à cause d’une histoire de poitrine qui se laissait voir. Tout le monde était contre lui, mais j’ai trouvé qu’ils étaient tous hypocrites puisque même Kérubim, qui défendait la serveuse à que le vieux monsieur avait fait un compliment, il m’avait dit un soir lui même de servir « avec mon décolleté », pour faire plaisir aux clients, un soir.

Du coup, on a papoté, le vieux monsieur et moi, et il m’a proposé un boulot dis donc ! Ecrire sa réclame, m’occuper de ses courriers, de ses relations publiques et de la promotion de son entreprise. Enfin, c’est pas la sienne, mais celle d’un gars que j’ai pas vu. Mais je pense pas que je le verrai souvent, parce que ça m’a l’air d’être un gars de la haute qui fait pas le sale boulot, tu vois. Enfin, j’en sais rien, mais là, en tout cas, c’est le vieux qui m’a proposé.

Alors j’ai passé ma journée à écrire ma lettre de candidature. Il m’avait demandé de l’épater, un peu, il fallait donc que je me creuse les méninges. Je te la mets, là. Ce soir je vais le revoir, je te dirai si ça a marché.

Allez, à demain.

Lyly




Citation :



à l’attention de Monsieur Marcel Pignac,

Maison Fossard
Faubourgs de Hurlevent


Hurlevent, le 15 du mois 6, An 38


Monsieur Pignac,

Après avoir réfléchi toute la nuit à cette proposition que vous m’avez faite, et avoir cherché manière plus amusante que d’ordinaire de me déclarer prête. Je me suis dit qu’il me fallait proposer mieux qu’un simple courrier en prose, pour vous montrer que j’ose, en espérant vous étonner, sans pour autant faire des poses.

J’aurai pu vous vanter mes écrits précédents, vous donner à entendre une ou deux de mes chansons, vous assurer de ma légitimité à devenir votre plume ou même votre voix, vous charmer de mes rires ou vous envelopper de mon babillage, tenter de vous convaincre que vous ne trouverez nulle part ailleurs partenaire aussi attentive que moi, mais je m’en suis tenue à un petit poème sans prétention, avec l’espoir de vous faire simplement sourire.

Je reste, quoi qu’il en soit, à votre respectueuse disposition pour écrire une lettre plus conforme aux usages en cours,  si cela ne vous satisfaisait pas.


Votre dévouée
Lysange Delabay

Citation :
La Pie Raconteuse

Ecrire est-ce une vie ?
Peut-on s’en contenter ?
C’est ce qu’ici j’affirme
Répétant à l’envi
Que c’est mon boulot, et
que j’adore ça, en prime.

En quelques heures à peine
Du moment que j’y crois
Et que j’ai l’âme rieuse,
Je m’y mettrai sans peine
Et d’viendrai avec joie
Votre pie raconteuse.

Une chanson, un discours
Des voeux, une réclame
Je peux tout vous écrire
Car en fait, sans atours,
Je vous offre mon âme
Et n’espère qu’un sourire.
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Lysange Delabay

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MessageSujet: Re: Les lettres à Ben.   Mer 16 Mai - 16:57

Citation :
Le 16/05/38

Alors là ! Tu vas pas me croire ! J’ai été embauchée, dis donc ! Si ! Hier soir, comme scribe même, tu vois un peu ça !

Scribe… ça sonne bien, non, tu trouves pas ?

Lysange Delabay,  scribe de la Maison Fossard, ça en jette !! Bon, je suis à l’essai, logique, mais y’a pas de raison que ça marche pas.

Pourtant j’ai bien cru que ça allait pas se faire parce qu’au début, il m’a fait plusieurs fois la remarque que je le laissais pas aller au bout de ses phrases. Bah, oui, qu’est-ce que tu veux, c’est pas de ma faute, à moi, si ça percute pas aussi vite dans son cerveau que dans le mien ! Il est vieux aussi, ça doit être pour ça.

Oui… c’est vrai que tu m’as souvent dit que je parlais trop, mais qu’est ce que tu veux j’étais tellement contente que j’arrivais pas à me poser. Je peux te dire qu’il a su très vite me calmer, lui.. j’osais même plus le regarder.

Mais il est gentil, il voulait juste que je l’écoute jusqu’au bout à chaque fois. Et, au final, c’était pas si compliqué.

On est allés au marché aussi, il a fait des achats et moi j’ai rencontré un type qui s’est dit qu’il aimerait travailler pas loin de moi. Mais non je le connais pas ! Jamais vu, mais le genre Joli Coeur, tu vois, beau parleur et tout, mais gentil, je pense. Lui aussi c’est un bavard et Monsieur Pignac il lui a rabattu son caquet t’aurais vu ça, c’était amusant même. Il devait écrire une lettre pour dire s’il veut vraiment travailler dans l’entreprise, mais je suis pas sûre qu’il le fasse, il avait surtout envie de me revoir, je crois.

Et puis, pour finir, j’ai pas eu de nouvelles de Joe depuis dimanche. Je sais pas trop ce qui se passe, mais je me dis qu’il serait pas parti sans me prévenir. J’ai hâte de lui raconter tout ça, et de lui montrer que je fais comme il a dit, en continuant à avancer, à écrire, à vivre quoi.

Ah ! Et puis aussi, Mr Pignac, il m’a dit que j’avais le droit d’écrire comme avant pour des gens à condition que je respecte le « secret professionnel » comme il a dit. Genre que tout ce qui se passe dans la Maison Fossard j’aille pas le raconter ailleurs, mais c’est logique.

Voilà pour aujourd’hui. Allez, je vais aller voir les autres employés, je te raconterai.

Bisou !
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Lysange Delabay

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MessageSujet: Re: Les lettres à Ben.   Jeu 17 Mai - 11:34

Citation :
Le 17/05/38

Oh la la, Ben, j’ai bien failli venir t’écrire en pleine nuit, de nouveau, dis donc.

Je me suis réveillée comme en rage contre moi même, il fallait que je me gratte, de partout, comme si ma peau me brûlait, c’était affreux, j’ai cru que j’allais me l’arracher à force de me griffer.

J’en sais rien moi ! Bah oui, sûr que si j’avais pas été seule dans mon lit j’aurais trouvé à m’occuper autrement ! Hum ? Hein ? Tu crois ??!?

Bah... oui, j’étais comme brûlante de... mais nan j’ai pas essayé toute seule de ... j’avais besoin de me gratter je te dis !!! Ça m’énervait mais en même temps ça me faisait du bien et... Bon, d’accord, si tu veux !!! Oui j’aurais eu bien besoin d’un mec pour.... Et alors, hum ?!?! Ça me sert à quoi de l’admettre, hein ?!? Bah oui ça m’est pas venu comme ça, il s’est forcément passé quelque chose qui...

Ah ! Mais oui dis donc !!!

Oh... ben ça alors... Oui...

Oui, hier soir je suis restée un bon moment à discuter avec Acélia qui se morfondait toute seule et... Ah mais oui... On a parlé du comportement étrange de Keylian, qui donne l’air de vouloir être proche mais qui en fait au fond ne veut pas s’engager puisque à chaque fois qu’il fait un pas vers elle, il en fait deux ensuite en prétextant du boulot avec sa collègue. Et ça la rend triste, elle comprend pas.

Mais oui... c’est ça.... je l’ai bien senti, moi aussi, quand je le voyais tous les soirs, qu’il avait envie de plus mais qu’il restait coincé quelque part au fond de lui et que jamais il ne saurait se donner à moi comme moi je peux, je veux même, me donner à l’autre.... et ....

Oui ! à un moment, à la fin de la conversation, je lui dis, à Acélia ... « vous savez, je vous comprends parfaitement bien. Car si je n’avais pas rencontré Joe, c’est moi qui serais à votre place là, perdue devant quelqu’un qui est là sans être là. Alors c’est vrai que aujourd’hui je suis triste parce que Joe, il va partir, mais au moins c’est clair, et je ne me suis pas engagée dans une voie sans issue ».

Et .... oui... c’est cette phrase là qui m’a travaillée après dans la nuit.

Je le sais, maintenant, avec une certitude absolue, que je devais attendre, ne pas céder à une envie de tendresse parce que je me sentais seule. Moi je veux tout, et pas juste des petits bouts de ceci ou de cela. Je veux me donner comme je suis, entièrement, comme avec Neals, même s’il s’en rendait peut-être pas compte.

Alors, oui, bien sûr, j’ai eu la tête fracassée et le cœur brisé quand j’ai dû admettre que Joe allait partir, mais en même temps, ou disons un peu après, j’ai retrouvé tous mes espoirs, toute ma conviction même, que j’allais bientôt rencontrer celui qui est là pour moi, quelque part, et que j’attends de tout mon être. Et de le dire à Acélia, même si sur le moment j’étais surtout peinée pour elle, je crois que ça m’a piquée très fort au fond du cœur, ça m’a brûlée même, ça m’a embrasée et...

Bon !!! Oui !!! Ça va hein !!! C’est bon, t’avais peut-être raison. J’ai dit peut-être !!! Oh !!! Ce qui est sûr c’est que là, je le sens, je suis de nouveau libre, dans ma tête, joyeuse comme.. comme l’été dernier, tiens... pleine de vie et d’envie, et je pourrais déplacer les montagnes s’il le fallait. C’est sûr, j’y crois et ça me rend comme invincible même si je sais très bien que c’est pas vrai. Et.. oui forcément ça réveille un peu toutes mes envies et...

Oh !!! Stop ! Recommence pas ! Bon, je change de sujet, parce que t’es lourd, là !

Alors...

Il s’est passé un autre truc hier soir et il faut que je vois Monsieur Pignac parce qu’avant de voir Acélia toute perdue, j’ai vu une fille que m’a présentée Demiora, et qui veut divorcer et ne sait pas comment faire, surtout qu’elle est vraiment démunie question écriture et tout.

Alors j’ai promis de l’aider et j’ai même déjà écrit à la Chancellerie mais après avoir envoyé la lettre, j’ai eu un gros doute. Est-ce que Monsieur Pignac il sera d’accord ? Et son patron que j’ai pas encore vu, mais qui a pas l’air trop commode ? Parce qu’il m’a dit que je pouvais continuer d’écrire pour les gens mais là ça m’oblige à écrire moi même aux autorités, et montrer que j’ai cette activité libérale à côté, peut-être que ça ne va pas leur plaire du tout.

Donc faut que je lui demande rapidement. J’ai déjà prévenu la fille que si la Maison Fossard ne veut pas que j’apparaisse aussi comme conseil indépendant, je lui préparerais tout pour qu’elle recopie et fasse comme si c’était elle qui menait l’affaire. Pas question de froisser mon nouveau patron avant même de l’avoir vu !!!

Bon, et bien je peux me mettre en route. On m’attend, un truc à faire, long et ennuyeux au possible. Je vais voir si je pourrais pas m’amuser en écrivant un petit truc sur pourquoi j’ai besoin d’écrire, tiens, ça me fera passer le temps.

Allez, bisou, à demain, sûrement !

Lyly
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Lysange Delabay

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MessageSujet: Re: Les lettres à Ben.   Lun 21 Mai - 0:10

Citation :
Le 20 au soir.

Ça faisait un petit moment, hein ? Mais faut dire aussi que depuis que j’ai accepté le nouveau boulot, j’ai quasi plus une minute à moi, tu sais. Je suis obligée de me coltiner le vieux pour tout plein de rendez-vous !

Humph ? Ben oui me coltiner, parce que des fois il est pas commode. Il me rabat le caquet à tout bout de champ ! Dès que je commence à vouloir faire comme je fais d’habitude, soit il soupire, soit il me fait des remarques, soit il a l’air de se demander ce qu’il peut faire de moi ! Alors après il va me dire que je dois pas le croire sévère mais en fait il se rend pas compte,  il est tout coincé ce gars là.

Ou alors j’ai pas eu de chance, ces derniers jours il était à cran et c’est moi qui ai tout pris, oui… possible. Mais il est pas commode quand même, tu sais, il me fait penser à toi en moins saoul ! Sauf que lui je peux pas me permettre de lui parler comme à toi, déjà que là…

Du coup, ce soir comme il m’a plantée au kiosque sans me prévenir, je suis allée à la Chope mais là.. y’avait Naomi et comme je lui avais déjà parlé de Joe, j’ai pas su cacher que je m’ennuyais de lui et ça m’a fichu le bourdon, du coup je suis retournée écouter la candidate et …

Enfin bref. Je suis tout de même contente parce que je sais que j’apprends des tas de choses, et tu sais comme j’aime apprendre. Et puis ça avance bien tout ça. Les travaux ont démarré, on a vu passer le Grand  Manitou mais en coup de vent, alors je peux pas trop t’en parler, sinon qu’il est imposant et que c’est pas le genre de gars qui se laisse marcher sur les pieds, même s’il a tout de même pas l’air si terrible que ça. Peut-être qu’il se donne un genre de méchant pour mieux mener son affaire, je sais pas.

Sinon.. qu’est ce que je pourrais te raconter.. que tu me manques, oui.. ça c’est sûr.

Parfois je me dis que je vais aller faire une sorte de pèlerinage à la Baie, et puis avec le travail, c’est plus vraiment possible, et .. oui c’est sans doute mieux comme ça, t’as surement raison.

Bon.. ben voilà, je pensais avoir des tas de choses à te dire, mais faut croire que le coup de bourdon de tout à l’heure m’est resté un peu dans la tête. Faudrait que je trouve à écrire je crois, mais je sais plus trop pour qui, là…

Allez, je vais essayer de dormir, ça ira sûrement mieux demain !

Bisou
Ta Lyly
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MessageSujet: Re: Les lettres à Ben.   Mar 22 Mai - 13:34

Citation :
Le 22/05/38

Alors, tu vas être content aujourd’hui !

Ce  matin je me suis dit que je devais arrêter de regarder derrière ou devant, et essayer de trouver mon bonheur dans le moment présent.

…. Oui ! Mais oui je le sais que c’est ce que tu n’as pas arrêté de me dire ! Pourquoi tu crois que je t’en parle là ?

Donc ! Ça m’est venu hier soir, en quittant Joe, que j’étais tellement contente de voir et que j’ai pourtant pas pu m’empêcher d’emmerder avec la tristesse qui me prend comme l’autre soir ou, pire encore, cette espèce de jalousie de le voir regarder les autres filles.

Oui !!! Oh !!! Ça va !!! Je le sais que j’ai tort  !! Ne profite pas du fait que j’essaye d’être honnête avec toi. C’est déjà bien assez compliqué comme ça, je t’assure.

Donc, il est tellement honnête et gentil, alors que moi je fais l’idiote à me plaindre à moitié, que ça m’a sauté aux yeux. Et donc ce matin j’ai ressorti un très très vieux cahier, quand tu me faisais la leçon sur ta Philosophie de la vie.

Ben oui j’ai tout gardé !! Qu’est-ce que tu crois...

Je te recopie, je suis pas sûre que tu t’en souviennes : « Ailleurs... Après... ne sont que des vues de l’esprit. Si bien que ces heures perdues à se projeter, à bâtir mille et une stratégies pour jouir un jour de la félicité, dissimulent les plaisirs de l’instant ». Ou encore  « c’est en limitant les désirs pour les diriger vers le réel que nous jouissons le mieux ». Et enfin « Nous sommes nés une fois mais deux fois ce n’est pas possible, et il faut, pour l’éternité, ne plus être ; toi, qui n’es pas de demain, tu diffères la joie : mais la vie périt par le délai, et chacun d’entre nous meurt à se priver de loisir. »

Donc je me disais, et si j’essaye d’appliquer cette belle théorie là maintenant, ça donnerait quoi ?

Déjà ... profiter de chaque seconde passée avec lui sans penser au fait que ça va s’arrêter. Ça c’est pas trop compliqué, ça l’est même pas du tout, je suis toute entière avec lui quand il est là. Faut juste que j’arrête de réagir à ses regards de mec sur les filles. Après tout c’est juste un mec hein !

Ensuite ... ne pas me projeter à dans un mois ou deux, mais juste vivre au jour le jour. Ça c’est déjà plus compliqué, il suffit que j’ai un doute sur ce qu’il dit, surtout quand il se moque. Et quand il n’est pas là... si je suis au boulot avec Monsieur Marcel, même s’il m’agace ça va à peu près, sauf s’il me rabroue trop. Mais c’est juste impossible si je ne fais rien. Voilà pourquoi je t’écris d’ailleurs !!!

Enfin... ne pas penser qu’un plus grand bonheur m’attend demain ou après-demain. Là je dois dire que c’est le plus difficile à appliquer. Pourtant j’y arrivais assez bien avant qu’il débarque dans ma vie... Faut croire que j’étais plus philosophe... ou plutôt que j’avais réussi à bien border mes rêves, tu crois pas ?

Bon, je dois pouvoir quand même m’améliorer un peu. Tu vois de t’en parler là déjà je vais mieux. Suffit peut-être que je t’en parle ? Comme ça, je suis obligée de me regarder faire. C’est peut-être ça le début de la rédemption !

Qui sait.. je vais peut-être réussir à devenir la plus sage de nous deux !

Mais non, je rigole. De toute façon j’ai décidé que j’allais pas vieillir, parce que les vieux sont tout coincés dans leur tête, alors merci bien !

Allez je file.
Des bisous, ouais « des » !!!
Ta Lyly.







Note HRP : ces phrases sont tirées de La construction de soi d’Alexandre Jollien, page 53, 57 et 58,  chapitre où il cite lui-même Epicure et l’analyse.
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Lysange Delabay

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MessageSujet: Re: Les lettres à Ben.   Jeu 24 Mai - 13:14

Citation :

Le 24/05/38

Coucou Ben, ça bouge de nouveau pas mal dans ma vie, et j’ai un peu moins pensé à toi ces dernières heures.

Écoute, le prends pas mal parce que je suis sûre que c’est une bonne chose. Je le sens... dans ma tête, oui, mais aussi dans mon cœur.

En fait tout s’accélère à cause, ou plutôt grâce, au boulot. Parce que, avec Papy Marcel, on a des tas de rendez vous pour trouver des clients et des partenaires, et au final ça me plaît vraiment beaucoup.  

Si, si ! Je t’assure ! En fait je commence à mieux le cerner, Papy Ronchon, et je crois avoir trouvé le bon équilibre avec lui.

Déjà.... Aimable, enjouée, mais pas trop bavarde, tant pis pour les silences, parfois longs. De toute façon, ça me gêne pas non plus, c’est pas comme si j’avais été habituée à vivre en société et à en avoir besoin.

Ensuite... Attentive mais pas non plus servile. Je vois bien qu’il me fait confiance et j’aurais tendance à penser qu’il apprécie même mon caractère parfois « explosif », surtout quand ça peut lui servir, comme hier soir où j’ai essayé, à sa demande, de faire taire la gamine narcissique qui emmerdait le monde avec ses conneries, à la conférence du candidat Walter.

Et enfin... Volontaire pour proposer et agir, pour la Maison Fossard, mais tout en sachant rester à ma place d’assistante, encore jeune et non expérimentée. Là... bon, on va dire que j’y arrive, tout doucement.

Tu vois ! C’était pas si compliqué à trouver !

Mais ce qui me rend presque joyeuse, ces jours-ci, c’est clair que c’est d’avoir pu entendre les histoires sur le Grand Manitou. C’est Papy, Monsieur Pignac, qui les a racontées à Rislon, pour un article, et j’avoue que ça m’a pas mal tourneboulée.

Bah ! C’est tout de même pas rien d’avoir un patron comme ça ! Déjà que de le voir passer de temps en temps sur le domaine pour voir l’avancée des travaux, suivi par Papy qui peine à garder le rythme, c’est franchement amusant. Mais là, d’entendre parler de ses exploits, de son histoire, de sa façon de vivre aussi, ben ça.... ouais ça m’a donné envie d’en savoir plus, tu vois.

Hum ? Euh... bah ! Sûre que tu dois te sentir protégée dans les bras d’un gars comme ça ! Mais à condition qu’il ait pas plutôt envie de t’en coller deux, ou même seulement une, tu vois ! Parce que c’est une vraie bête de foire, ce type là, pas étonnant qu’il ait grandi au milieu de bêtes monstrueuses et qu’il se soit passionné pour l’art de les dresser.

Oui bon, t’emballes pas, là. Oui il me plaît, comme ça, de loin, mais c’est tout de même bien un inconnu et surtout c’est le grand patron, tu vois. Alors c’est pas demain la veille qu’il s’intéresse à une de ses employées et que, même, il me voit !

Donc ça sert à rien de me brancher là dessus même si je te vois faire, tu sais. T’aimerais bien que j’arrête de braquer les yeux sur Joe. Mais regarde ! C’est toi qui m’en parle ! Moi j’en aurais rien dit là ! Tssss... espèce de filou, tu vois comme je te connais, comme si c’était moi qui t’avais élevé, tiens. Remarque... quand on y pense... t’aurais fait quoi de ta vie si j’avais pas été là, hein !?!

Bon, c’est pas tout ça mais j’ai du travail, des lettres à écrire et une commande à finaliser.

Allez, je file. bisou !

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MessageSujet: Re: Les lettres à Ben.   Sam 26 Mai - 13:55

Citation :
Le 26/05/38


Bonjour Benjamin,

Moui, c’est pas la forme, là, mais ça passera bien.

Mmh, ça finit toujours par passer, c’est aussi ce que je me dis.

Hum ? Non, je saurais pas te dire. Je crois que c’est dans ma tête, tout simplement. J’arrive pas à me satisfaire de ce que j’ai. Alors ça me dépasse, je vais mal et j’arrive plus trop à analyser.  

Mmh. Mais ça, ce serait faire semblant, tu vois. Et on peut pas toujours faire semblant, en tout cas, moi je sais pas. Etre joyeuse, ça va bien jusqu’au moment où c’est évident qu’au fond, c’est pas ça. Et de toute façon, je me mets à pleurer, je le vois même pas arriver. Pas le temps de rien. A peine me cacher.

Mais oui, je le sais que le travail ça m’occupe. D’ailleurs j’ai écrit des courriers ce matin, alors tu vois, je fais ce qu’il faut. Bon ! On peut passer à autre chose ?

.....

Oui ben j’y arrive pas. Ça reste bloqué dans ma tête. Ça doit pas être que dans ma tête d’ailleurs. Bref ! Tu proposes quoi ?

Mais j’arrive pas à analyser je te dis...

Bon, si tu veux. On reprend du début, donc...

Ça a commencé... hier soir juste après dîner. Comment ça qu’est-ce que j’avais mangé ! Qu’est-ce qu’on s’en fout là ?!??

Ah... ah ben oui... un verre de vin. Mais tu vas pas me dire que c’est un verre de vin qui fout tout en l’air dans ma vie quand même !

Mmh, admettons que ça m’aide pas, oui.

Ensuite... ensuite j’ai vu Keylian et ... bon, ça va, j’ai compris.

Il était à discuter avec la nouvelle employée, Agathe, je le voyais faire, taquin, comme il est souvent. Et il parle de venir travailler chez nous, Fossard, quoi. Et comme je m’étonne, peut-être un peu fort - Mais tu le connaîtrais, tu verrais qu’il y a de quoi -  là, de but en blanc, il me demande si j’ai des nouvelles de Joe. Pourquoi il me parle de Joe, juste là que je suis sous pression et que j’y pensais pas, ou en tout cas pas consciemment ?!

Oui. Bon. C’est sûr qu’après ça, j’ai coulé petit à petit toute la soirée après. Et hier soir en me couchant, j’ai pleuré.. et ce matin en me levant... j’en étais même à me dire que j’allais prendre un congé, tu vois un peu.

Mais nan, j’ai rien dit !! J’ai écrit des courriers, je te l’ai dit avant. Faut croire que je me connais bien, tu vois. S’enfermer dans le travail plutôt que dans ma cave, c’est une solution, même si je pense qu’une partie de moi y est tout de même restée.

Comment je sais ? Je sais pas, je le sens.

Je le sens parce que...

Je suis triste mais surtout en colère en fait. Je sais pas... contre moi je dirais.

Parce que.... pfff.. tu me fatigues avec tes questions... parce que ces temps-ci ça recommence, j’y arrive plus, à gérer tout bien comme avant. Je suis de nouveau à fleur de peau  et c’est vraiment très compliqué, tout ça.

Bon alors, Monsieur l’Expert en « faut prendre la vie comme elle vient »  tu me conseilles quoi, là maintenant ?

.....

Pourquoi j’entends rien...

Y’a de la friture sur la ligne ou bien tu t’es endormi, là...

Tant pis. Je vais tâcher de faire comme si. Qui sait, j’arriverais peut-être à y croire moi-même.

Allez, salut.

.....

Ah ! Tiens ! Juste à temps dis donc !

Écrire tu penses ?

Mmh.. mais faut que je trouve une idée de départ, tu sais bien, et là.. oui, bon, promis, j’essaye de m’y mettre, tout à l’heure.

Allez, bisou, va.
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Lysange Delabay

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MessageSujet: Re: Les lettres à Ben.   Lun 28 Mai - 14:48

Citation :
Le 28/05/38

Coucou Ben ! Oui, je vais mieux ! Je t’expliquerai pourquoi plus tard, là je passe en coup de vent pour te dire que je crois avoir compris ce qui se passe avec Keylian. Parce que figures toi qu’il pense sérieusement à postuler chez Fossard.

Si ! Enfin c’est ce qu’il m’a encore dit hier soir. Mais justement c’est dans sa façon de le dire, avec plein de sous-entendus, que j’ai senti qu’il y avait autre chose.

Hum ? ... oui je sais bien que... mais j’ai pas cédé, tu te souviens ? Et là maintenant il a une amoureuse ! Il devrait plus me parler comme ça !

Bah ! Si, il me plaît, beaucoup même, parce que d’une certaine façon il est comme moi, mais... il sait pas ce qu’il veut, pas assez, il doute trop sur ses envies... et il est pas tout entier comme moi, comme s’il prenait la vie un peu trop comme un jeu, tu vois... et puis...  et puis surtout il y en a un autre.

Un autre qui m’intrigue, m’attire, et que j’ai envie de rencontrer, vraiment je veux dire, face à face, âme à âme, pas juste passer à côté et capter tout ce qu’il dégage mais ne dit pas.

Mmh, oui, je sais bien. Je le sais que c’est pas en le voyant quelques instants que je peux savoir qui c’est vraiment. Peut-être que je me fais des idées et de mauvais espoirs, mais c’est là, en moi, et tant que je n’aurais pas senti que je me trompe, je serais dans cette attente de le rencontrer vraiment.

Et je crois que Keylian, il le sent, que je suis moi aussi dans le doute et l’attente. Peut-être sans comprendre vraiment de quoi est faite cette attente. Ou peut-être qu’il se questionne sur ce qu’il sent et du coup n’ose pas. J’en sais rien, possible. Mais il joue avec moi, il cherche à comprendre, sans se rendre compte combien il me fait mal, surtout quand il parle de Joe alors que j’ai réussi à me faire une raison, en surface en tout cas.

Donc voilà ! Bon, tu vois, je suis restée longtemps à te parler finalement, il faut croire que ça me travaillait pas mal.

Allez, j’ai du boulot, je file !
À plus tard.
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Lysange Delabay

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MessageSujet: Re: Les lettres à Ben.   Mer 30 Mai - 11:29

Citation :
Le 30 du mois.

Bon, là j’en ai marre. Oui, marre, de tout ça et surtout de moi, de toutes ces questions qui m’assaillent, et me réveillent, et m’empêchent de dormir, et m’assomment, et me minent et... oui, là, vraiment, j’en ai marre.  

J’envie ceux qui tirent un trait sur ce genre de douleurs, bordent le bazar dans un coin de leur cerveau, et continuent d’avancer comme si de rien n’était.

Bah.. bien sûr que j’ai su me dépêtrer de ce genre de situations. Suffit de faire comme eux et de ne plus se sentir être, dormir éveillée, vivre en étant morte dedans.

Si, c’est comme ça qu’ils sont, quasiment tous. Et c’est ça qui me déglingue. Ça crie, ça geint, ça rage, ça rit même des fois, mais c’est mort en dedans, tu le sais très bien.

Bah non j’ai pas envie de ça. De toute façon je sais plus faire.

Tu sais très bien ce qui va se passer si j’y arrive pas. Je vais couler, m’enfermer dans ma cave, me fermer au monde, et surtout aux autres. Je vais essayer d’être là sans y être, comme eux, je tiendrai peut-être une heure, ou deux, jusqu’au moment où même ça je pourrais pas et là.... pfffiout, disparition totale.

Mais pourquoi je sais pas juste me contenter de vivre au milieu du monde sans chercher plus... pourquoi je me satisfait pas d’une petite vie sans histoires avec un mec comme les autres, un qui dort éveillé mais se croit vivant parce qu’il sait faire le malin ... ouais... t’as raison ... autant me flinguer de suite si c’est le seul espoir qui me reste...

Bah... plein de petits trucs, qui m’incitent à penser que je ferais mieux d’aller chercher mon bonheur ailleurs, que je me fourvoie, me leurre, me nourrit de rêves insensés, que tout ça est vain, que je perds mon temps à vouloir le remplir de ces espoirs fous.

Mes vieux démons ressortent, ils n’attendent que ça, tu penses bien.

Mmh... je sais. Le manque de sommeil ne me réussit pas. Une nuit en pointillés, voilà d’où je sors, là. J’ai même failli t’écrire cette nuit, tu vois un peu.

Attendre... patienter... croire aux jours meilleurs... mais je ne fais que ça depuis des mois, Benjamin, si tu crois que c’est marrant.

Ecrire, oui... écrire pour être moi même sans tricherie... écrire, tu as raison, dans ces moments là, il n’y a que plus que ça à faire. Pourquoi tu crois que je t’écris là, justement. Pour éviter de couler. T’écrire est le dernier rempart avant le naufrage. Te plains pas, c’est plutôt mieux que de disparaître corps et âme, non ?

Bon... je vais tâcher de surnager... à plus tard.
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MessageSujet: Re: Les lettres à Ben.   Mar 5 Juin - 15:03

Citation :

Le 5/06/38

Hey, Ben, ça fait un moment, je sais. J’ai plus trop le temps, en fait, avec le travail. Mais là, ce matin, j’ai senti que je devais venir te parler parce que je me pose des questions sur ... le travail justement.

Disons que je me demande si je devrais pas démissionner...

Mais si ! Justement, si, ça me plaît, toute cette mise en route d’une entreprise vraiment originale, avec l’organisation des rendez-vous et tout ça. Mais … c’est le vieux … Papy Pignac, j’en peux plus, là. Il fait que me rabrouer, me casser, même devant les gens que l’on reçoit, GRÂCE à MOI en plus !!!! Mais si. C’est moi qui leur écrit, moi qui arrange tout, moi qui fait tout pour que ça se passe bien ! Et lui, il fait quoi, hein ?!? Ben quand il fait pas tout foirer comme avec les nains, il se moque de moi ou il me parle comme si j’étais débile... et je comprends pas pourquoi.

Bah... oui je lui en ai parlé hier. Justement. Je lui ai demandé s’il voulait que je démissionne parce que, vraiment, il fait tout pour, encore hier soir en me traitant comme une merde devant le fils d’Althain.

Et bah non, il m’a dit que non.. mais en même temps il a bien pris la peine de rajouter que j’avais « encore une fois » dit des conneries. Du coup je lui ai dit que s’il voulait prendre une vieille qui saurait tout,  comme assistante, qu’il se gêne pas !

Oui.... là je suis allée un peu trop loin, je sais bien. Surtout que lui c’est pas toi, rien à voir. Pas question de rigoler avec lui, il est tout coincé dans sa tête ce gars là. Du coup je suis partie vite fait, en m’excusant quand même.

Bah... je sais pas pourquoi, moi ? Avant ça allait mais là..  c’est comme s’il me faisait payer pour quelqu’un d’autre... ou un truc qui me concerne pas.

Mais j’y connais rien à sa vie moi !!! Comment veux tu que je sache !?! En plus, si tu crois qu’il me parle !!! Fermé comme une palourde ce type là.

Tiens, regarde ! Hier soir je lui explique qu’il y a un gala et que ce serait bien d’y aller, même que je l’invite à danser ! Et ben même là j’ai encore mal fait ! Si ! Il s’est mis en rogne, si, si, en rogne ! En me disant que j’avais mieux à faire en me trouvant un mignon !!! Pfff...

Avec ça que l’autre soir il m’a encore houspillée parce que j’avais entendu du bruit et que j’étais sortie voir, en me criant dessus que je devais pas aller voir mon petit ami en douce !!! Nan mais... je te jure, c’est à n’y rien comprendre !

Hein ?!?? Mais non... arrêtes... tu te fiches de moi là.... mais non il réagit pas comme un mec amoureux... nan mais.... il a ton âge au moins !!! Il peut pas... Vraiment ? Mais non, c’est pas du tout son genre de... Hein ? Bah.. si, des fois, il me fait des remarques genre que ceux qui me draguent ils ont bon goût... mais bon....

Ah.... alors ce serait parce qu’il est triste à cause de son âge tu crois ? Mais qu’est-ce que j’y peux, moi ? Rien du tout !!! Et donc ça va pas s’arrêter alors .... tu me donnes pas envie de continuer, tu sais...

Moi je me disais que c’était peut-être parce qu’il fatigue à devoir tout organiser tout seul, pendant que le Grand Manitou il s’amuse à la chasse. Que toutes ces responsabilités ça le mine, tu vois. Et donc que dès que l’autre sera revenu, il sera plus tranquille et bien moins sur mon dos.

Mmh...  ben oui... moi aussi du coup j’attends...

Hum ? Bah... oui ça me fait tenir, disons. Parce que là, me faire houspiller tous les soirs, on peut pas dire que c’est franchement amusant. Ça m’occupe,  c’est clair, et c’est toujours mieux que de rester à me morfondre toute seule.... mais bon.

Alors ? Tu me conseilles quoi ? Je démissionne ou j’attends ? Et si je reste, je fais comment avec Papy ?

Et me dis pas de faire comme avec toi, c’est pas possible ! D’une, lui, quand il m’engueule, y’a aucune tendresse, je peux te l’assurer. Et de deux, je me vois pas du tout le prendre par la main pour l’emmener danser s’il veut pas, tu vois... bien trop peur de ramasser une vraie baffe verbale qui me mettra à plat pour le mois...

Mmh… donc je prends patience et j’attends ? Mouais.. ben dis donc, j’aurai jamais autant pris patience que ces dernières semaines… Va falloir que je me trouve un truc à faire à côté qui me rende la vie plus gaie, parce que là, c’est pas gagné.

Hum ? Non, j’ai pas envie. Pas pour le moment. Non… faut que je me trouve un truc à écrire, je vais y réfléchir.

Allez, faut que j’y aille, à plus tard.
Bisou.
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MessageSujet: Re: Les lettres à Ben.   Ven 8 Juin - 10:35

Citation :
Salut Benjamin.

Non. Pas la forme. Envie de me casser, tout foutre en l’air, disparaître.

Tu sais très bien que quand c’est comme ça, vaut mieux que je retourne dans ma cave et que j’attende que ça passe.

Moui... Possible. Je t’ai déjà dit que t’étais le dernier rempart avant le naufrage, une bouée, ouais, voilà, t’es ma petite bouée à moi.

Bah. Des conneries. Un truc qui s’est passé hier soir, rien de spécial en plus, mais Mahoney m’a fait mal, en se moquant de moi. Je t'ai déjà qu'il pique juste là où ça fait mal...

Celui-là, il peut toujours se brosser pour que j’aille lui faire la conversation. Oui ! Oui Môssieur ! Parce que, oui, JE lui fais la conversation ! T’appelles ça comment, toi, quand le mec te sort quatre mots toutes les dix minutes juste pour te relancer histoire que tu lui combles l’ennui de sa vie ? Ah ouais, une poire, aussi oui. Et ben c’est fini, ça, marre d’être la poire de service.

Hum ? Oui ben c’est sûr que là j’en veux au monde entier et que j’ai qu’une envie c’est de repartir me cacher.

Mmh. Je sais. Ça passera. Tout passe. Mais y’a peut-être un moment où faut savoir dire non, tu crois pas, aussi ?

Bah ! Non... non aux faux-semblants. Non à la douleur de l’attente. Non aux rêves qui passeront jamais le cap de la réalité. Non au vide d’une vie qu’on remplit à coups de pelletées de rien. Non...

Oui ben je t’ai dit que j’avais pas la forme !!! Je suis pas venue là pour te chanter une sérénade hein !

Pfff.  Je sais pas. J’ai la rage, là. Il paraît que c’est mieux que la dépression, tu devrais être content ! Mais si, tu sais, quand ça va vraiment mal, c’est ce qu’on dit qu’il y a des étapes à franchir et que tu passes de la dépression à la rage, pis juste la colère, puis la tristesse, puis l’espoir jusqu’à retrouver ... hein ?

Comment ça si j’ai la rage alors ça veut dire que je cachais bien mon jeu ?

....

Oui, mais non.

Oui...  si, j’ai bien la rage, je le sens en moi là, je pleure dans mon lit, même, si tu veux savoir. Bah ouais j’écris de mon lit, et alors, c’est pas interdit, si ?

Bon... ok c’est bon, j’ai compris.

Oh !! Ça va, j’ai compris je te dis. Pas la peine d’en rajouter. Ça fait assez mal comme ça !

Ouais c’est ça ! Je reviendrai quand ça aura passé. Puisque tout passe, il parait.
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MessageSujet: Re: Les lettres à Ben.   Dim 10 Juin - 11:53

Citation :


Le 10/06/38

Coucou Ben.

Oui je vais mieux. Hier soir je suis allée à un bal, un peu en trainant les pieds, j’avoue, même si j’ai dépensé toutes mes économies pour m’habiller comme il fallait... mais je crois pouvoir te dire que j’ai fait mon petit effet !

Bah,  je sais pas si j’étais la plus jolie, mais j’étais certainement pas la plus moche !

En tout cas je me suis vraiment bien amusée parce que j’ai dansé toute la soirée et ça m’a fait un bien fou. Vraiment.

Même si mon danseur a eu un peu de mal au début à cause d’un bras blessé, j’ai virevolté comme une folle et j’ai pris ensuite grand plaisir à commenter avec lui en douce le spectacle offert.

Oui je me suis bien amusée et d’ailleurs ensuite je suis rentrée avec eux par portail de mage, un truc de fou !

Et après on est allés boire un verre au solitaire bleu et tout ça m’a bien changé les idées.

Bah oui je savais bien que ça passerait. Mais bon, tu me connais, si je te dis pas ma rage elle reste coincée dans ma tête et après je vais encore pas mal.

Mais bon, je suis tout de même inquiète de l’absence de Monsieur Pignac, j’ai peur que son cœur ait lâché pour de bon. Mais je me dis que s’il était gravement malade, on me l’aurait fait savoir au domaine quand je suis venue déposer mes courriers. Ça doit être parce que c’est la fin de semaine et qu’il a décidé de prendre des jours de repos.

Mais quand même, je serai rassurée quand je saurais de façon certaine qu’il n’est pas fâché contre moi, parce que là je ne l’ai pas revu depuis son emportement de jeudi soir et ça m’inquiète. Mais si ! je t’en ai parlé, il s’est mis dans tous ses états parce que moi  j’étais partie en colère à cause des sous-entendus débiles de Keylian et qu’il s’est senti obligé de me rattraper ensuite jusque chez moi pour tirer ça au clair… Pff, vraiment, le gars Keylian il a tout de même l’art de me mettre mal, j’en reviens pas.

Enfin bon ! Me voilà de nouveau guillerette avec le cœur en joie, espérons que ça dure !

Bisou
Lyly
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MessageSujet: Re: Les lettres à Ben.   Dim 17 Juin - 0:04

Citation :
Le 16/06/38

Salut Ben’

Je ne sais pas. Couci-couça on va dire.

Hier soir j’ai failli déchirer toutes tes lettres, donc c’était pas la grande forme, et ce midi je me suis dit que j’allais t’écrire, et j’ai commencé cette lettre que je reprends ce soir, à tête plus ou moins reposée. Donc on peut dire que je vais mieux ? Possible.

Pourquoi ça n’irait pas ?  Lassitude ça pourrait s’appeler. Manque d’entrain, d’envie, en tout cas concernant ma petite vie. Et non je ne sais pas vraiment comment pallier à ça, sinon repartir où j’étais à l’automne, car j’ai à nouveau le sentiment d’être bloquée, et de perdre mon temps. Et ce n’est pas ce qu’on fait de mieux pour aller bien dans sa tête.

En même temps, je ne vais pas si mal, je sais bien, puisque je suis là à t’écrire. Mais je n’arrive plus à mettre en pratique tes conseils, ceux qui disent qu’il faut profiter du présent. Or quand je ne me préoccupais pas de ce qui se passe ici,  j’y arrivais, ou du moins j’arrivais à me convaincre que je les suivais et surtout j’avais moins le sentiment de décrocher du réel.

Moui… je me mentais à moi-même, c’est probable.

Tu sais, quand j’y réfléchis un peu, je me demande vraiment si on peut vivre sans se mentir, même un peu. Sans mentir aux autres, oui, je pense que c’est possible, si on le veut vraiment. Mais à soi-même… comment faire pour ne pas être certaine que je ne ferme pas les yeux sur ce que je ressens, juste pour ne pas mettre le mot fin là où je n’ai pas envie de le mettre.

Fin.. mais si, tu sais bien. Fin d’un espoir, probablement idiot, fin d’un rêve, vaguement pathétique, certainement  fin d’une croyance, celle qui me tient en vie.

Mmh. Oui, c’est clair que si cette croyance là s’éteint, autant mettre immédiatement la clé sous la porte, comme on dit. Mais si je n’y croyais pas encore un peu, je ne serais pas là à t’écrire, n’est-ce pas ?

Bon.. donc tout ça pour rien ? Non, sûrement que non.

Le temps s’étire trop lentement à mon goût et je sens combien j’ai du mal à ne pas vouloir prendre le contrôle ou  plutôt me donner l’illusion de le faire. Or je le sais, c’est s’abandonner à ce qui vient qui est la solution. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire.

Tu vois, dans ces moments-là, je pense à toi, au fait que tu n’es plus là. Quand on y réfléchit un tout petit peu, tout ça est bien dérisoire. On se bat contre soi-même, pour ne pas sombrer, croit-on. Mais en fait, je le sens, c’est le contraire qui se passe. On ne se bat pas, on se débat, et on coule plus sûrement ainsi.

Cela me rappelle une conversation avec Keylian, justement là dessus. Même si  je l’apprécie vraiment beaucoup, il m’agace à toujours prôner une sorte d’abandon à l’imprévu, disant qu’il faut laisser venir à soi ce qui viendra, ou pas, et prendre la vie comme elle vient. Alors ça ressemble à tes conseils et je devrais l’en féliciter. Mais d’une, ça lui donne des airs de mec qui ne sait pas ce qu’il veut, ou pire, qui compte sur l’autre en face pour décider de sa vie, et de deux, je le trouve pas plus heureux pour autant, car de toute évidence il attend quand même, même s’il fait genre que non, et je ne suis pas sûre qu’il sache qui, ou quoi, mais en tout cas il attend un truc qui va tomber du ciel et le sauvera de son ennui.

Et ça… moi je ne m’en sens pas capable. Non, je refuse de me mettre dans une disposition d’esprit aussi passive. D’abord, c’est tout le contraire de ce que je suis, et en plus, vraiment, je ne pense pas que ça rende heureux. Soit on y arrive réellement, à vivre au présent, et là on se fout bien de savoir ce qui va nous arriver demain, ici ou ailleurs, parce qu’on y pense même pas,  soit on y arrive pas et tout devient mensonge.

Alors je t’écris, pour déchirer le voile du mensonge. Oui… c’est tout à coup évident. Non seulement tu es ma bouée qui empêche le naufrage, mais tu es aussi celui qui m’empêche de tricher, et donc de me mentir, de me voiler la face.

Donc. Utile, pas utile cette lettre ? Utile, car je vais aller jusqu’à demain grâce à ces quelques mots. Pas utile parce que… je continue de me dire que je perds mon temps. Mais si on part du principe que  le temps n’a plus d’importance, alors… qu’est ce qu’on s’en fout ?
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MessageSujet: Re: Les lettres à Ben.   Sam 30 Juin - 14:59

Citation :
Le 30/06/38

Coucou Ben’ !

Ça fait un moment, je sais, je suis désolée. Il s’est passé trop de choses et surtout ... bon, j’ai bien failli tout foutre en l’air, je dois avouer.

Bah, le sentiment que je perdais mon temps et que ma vie était ailleurs. Tu sais bien, quand on arrive plus à croire au sens qu’on donne à sa vie et qu’on envisage sérieusement d’aller le chercher ailleurs. Mais si, tu sais !!!

Enfin bref, c’est passé. Peut-être à cause ou plutôt grâce aux problèmes causés par ces enfoi... bon je vais pas te parler de ça parce que ça n’en vaut pas la peine !

Donc là je t’écris parce que je voulais te prévenir que je vais voir Sacha. Je sais pas, une idée comme ça. Alors si tu as un message à faire passer, c’est le moment.

Je pars demain pour le Sud, j’y reste deux jours, je vais la voir, puis je remonte, je repasse par la ville mardi soir pour le boulot et le lendemain je file vers le Nord pour voir le Grand Patron.

Ouais ! J’en ai envie là, non même pas, besoin même ! Parce que j’arrête pas de me démener pour son affaire, avec tous les problèmes qu’on a en plus, et j’ai besoin de savoir pour qui je fais tout ça. Et même si Papy Marcel me certifie qu’il est très content de mon travail, le patron, moi je veux l’entendre de mes propres oreilles. Et le voir de mes yeux aussi, parce qu’avec les jumelles j’en ai pas mal parlé et ça me titille, voilà pourquoi !

Hum... sinon ? Bah, pas grand chose. Ah si !! Je suis allée à un bal et j’ai rencontré un type vraiment chouette, manchot, mais c’est pas le problème. J’ai dansé avec lui et c’était vraiment agréable et puis on a causé, ce soir-la,  et un autre où il m’avait invité à dîner. Et c’était comme si on se connaissait d’avant tu vois, dans une autre vie. D’ailleurs il la dit, ça tiens, avant-hier soir.

Mmh.. si, si. En fait il était inquiet ou triste parce que je  partais et... euh... ben je le sais parce qu’il me l’a dit, tiens ! Il a dit que j’allais lui manquer, il était drôlement nerveux quand il a dit ça, c’était touchant en fait. Bah oui ! Touchant !! C’est pas tous les jours qu’on me dit que je vais manquer hein !!!

Bref ! Après il a raconté qu’on avait dû se connaître dans une autre vie où on s’aimait, ou un truc comme ça, et qu’on se reverrait sûrement dans une autre vie encore après et que... Bah ! Meuuuh non ! On s’est vus que deux fois, vraiment, tu vas pas me faire croire que...

Rhaaa ! Lâche moi !!! En plus c’est pas vrai, parce que la première fois il m’avait dit qu’il avait une compagne alors moi j’ai rien imaginé du tout, au contraire !!

Euh... oui. C’est au dîner qu’il me l’a dit que sa compagne l’avait quitté. Enfin non, avant, parce que sinon j’aurais jamais accepté de le suivre. Oui ! Bon !!! Je vois pas pourquoi j’aurais dû refuser !!! Si tu crois que ma vie quotidienne est drôle avec tous les emmerdements qu’on accumule, avec ces enflures de nains !

Nan...  j’en dis pas plus parce que je veux pas que ça m’atteigne et ça m’atteindra pas ! J’espère juste que Papy va pas leur sauter à la gueule. Parce qu’il est vieux, enfin pas plus que toi hein... mais il a le sang chaud, tu peux me croire. Sauf que les cons, faut pas entrer dans leur jeu ! Tu vois, je me souviens bien de tes conseils.

Enfin voilà, je dois me préparer, faut que je te laisse.

Allez, des bisous !
Lyly
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MessageSujet: Re: Les lettres à Ben.   Mar 3 Juil - 15:47

Citation :


Le 3/07/38

Hey Ben, je suis passée voir Sacha.

Pourquoi tu ne m’avais pas dit que vous étiez amoureux ! Il a fallu que je commence à parler de toi et voir qu’elle était triste pour que je comprenne qu’il y avait un truc !

Alors je l’ai pas lâchée, et au final elle m’a tout raconté. Et je vois vraiment pas pourquoi tu ne m’as jamais rien dit.

Bah, si ça aurait pu changer quelque chose ! Mais si ! Déjà je serais allée la voir quand t’as décidé de passer de l’autre côté, pour qu’on puisse se consoler l’une l’autre, et puis j’aurais été beaucoup plus en confiance chaque fois qu’on se voyait.   Et ça m’aurait certainement fait du bien, surtout après ce qui s’était passé près de chez elle il y a trois ou quatre ans.

Je sentais bien qu’elle captait tout ce que je pensais et qu’elle aurait pu m’apprendre des secrets, mais je ressentais aussi autre chose et je pense que c’était justement ce que tu me cachais. Et ça doit être pour ça que j’ai eu l’idée d’aller la voir, je devais me douter qu’on avait des trucs à se dire.

Enfin bref, maintenant c’est réparé. Et elle va bien, oui, même si tu lui manques beaucoup. Elle dit qu’elle regrette de ne pas t’avoir plus empêché de boire du rhum, parce que t’aurais pas eu d’accident et tu serais sûrement encore là. Mais en même temps, elle a dit que tu savais ce que tu faisais, que c’était donc ton choix et qu’elle n’avait rien à dire là dessus. Et que la vie de couple c’était une suite de compromis et que je comprendrai quand je rencontrerai le bon. Mais en fait, cette partie là, j’ai pas tout compris.

Elle m’a raconté comment vous vous êtes rencontrés, comment tu lui as appris que j’existais dans ta vie et ensuite le contrat que vous avez passé pour dire que toujours je devrais passer avant elle. Elle m’a aussi raconté comment tu te cachais de moi pour aller la voir et on a bien ri.

C’était très fort, de la revoir. J’ai passé toute la journée avec elle et même la soirée d’hier. Elle m’a demandé si je ne voulais pas rattraper le temps perdu et apprendre quelques unes de ses recettes. D’un côté, j’aimerais bien savoir entendre ce que les gens pensent, ou en tout cas deviner leurs pensées, et  de l’autre, je me dis qu’en fait je le sais peut-être un peu déjà, en tout cas bien plus que Monsieur Pignac, par exemple. Pour les autres recettes, celles avec des plantes, je me doute que ça pourrait me servir, pour les animaux, ou même pour la vie de tous les jours, alors je lui ai dit que j’allais y réfléchir et que je reviendrai lui dire après mon voyage dans le Nord. De toute façon, j’ai envie d’aller la revoir, maintenant, et peut-être que ce voyage me donnera envie d’apprendre des trucs de sorcellerie ou de magie.

Enfin voilà les nouvelles du jour. Mais non j’ai pas envie de devenir une sorcière ! Allez, je dois reprendre la route, là, parce que ce soir je travaille sur le marché dans la capitale.

A plus tard, je t’écrirai quand je serai dans le Nord !
Bisou, Lyly.
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MessageSujet: Re: Les lettres à Ben.   Jeu 12 Juil - 10:34

Citation :
Le 12/07/38

Salut Ben’,

Sans plus oui. Un mal au crâne qui persiste, et  je suis sûre qu’il est là pour m’alerter, me dire que je dois changer quelque chose, sauf que je ne sais pas quoi.

Disons que je suis allée dans le Nord comme prévu et que ça m’a pas mal blasée. Bon, c’est pas que je regrette, au moins je sais maintenant à quoi m’en tenir, mais j’aurais tout de même préféré que ça se passe autrement.

Hum... disons que le fameux grand patron est ce qu’on peut appeler poliment un ours mal léché, mais à toi je peux le dire, ça m’a plutôt l’air d’être un grand malade incapable d’avoir une relation simple avec autre chose qu’un animal. Parce que si je l’avais laissé faire, il m’aurait démolie ! Si, si, démolie, ou en tout cas bien blessée si je m’étais pas défendue en le tenant à distance.

Blessée dans ma tête, Môssieur, parce que moi j’y allais pas pour me battre ou étaler ma science, je voulais apprendre des trucs sans qu’on se foute de moi à chaque instant ou qu’on cherche à me mettre en rogne juste pour le plaisir de m’entendre râler. J’y allais pas pour amuser la galerie, hein.

Euh... ben là non, j’ai clairement amusé personne, mais par contre je les aurais plutôt épatés si tu veux savoir. Mais c’est pas près de se reproduire parce que là ça m’a bien refroidie.

Si tu crois que ça m’amuse de côtoyer un type qui m’apprécie pas et me voit comme une emmerdeuse... il n’a qu’à rester dans sa cambrousse avec ses bêtes, on a pas besoin de lui pour faire marcher la Maison. Papy Marcel n’est pas marrant non plus mais au moins, lui, il sait reconnaître mon travail.... enfin disons plutôt qu’il peut pas ne pas le voir !

Pourquoi je m’énerve ? Je sais pas, sans doute parce que je suis déçue. Moi j’y allais pour qu’on apprenne à se connaître, tu vois, parce que c’est quand même lui, mon vrai patron. Mais bon, si lui, il n’en a pas envie, je vais pas le forcer hein. Qu’il reste dans son trou tout seul, si c’est ça qu’il veut.

Sinon hier soir, avec Monsieur Pignac, on était tranquillement en train de discuter à la terrasse d’une taverne et il y a un nain qui est venu exprès renverser sa bière sur moi !! Tout en disant que ça lui avait échappé ! Tu parles !!! C’était par pure provocation oui ! Mais bon, maintenant c’est tous les jours qu’ils cherchent à nous  enquiquiner, alors je commence à m’habituer. Tout ça est tellement puéril, et bête, et inutile. Du vide de vie à remplir, tu vois, ça me gave en fait.

Du coup j’ai pas eu une minute à moi depuis que je suis rentrée. Et oui, ça vaut sans doute mieux parce que sinon je serais encore en train de mouliner dans ma tête, même si... bah oui, je mouline. C'est pour ça que j'ai mal au crâne.

Hum... j’en sais rien... une sorte de lassitude peut-être, tout ce vide partout.

Ou.. non, c’est de la tristesse, je vois bien, j’ai les larmes au bord des yeux, là, un rien et ça coule, ça déborde je peux rien y faire. Même en voyage, tiens, ça débordait alors que j’avançais. Oui, je sais, c’est pas très malin, mais bon. Triste de quoi ? … je sais pas. Toujours ce grand vide en moi. Toute cette énergie d’amour que j’ai à partager, j’en fais quoi, moi ? Bah, tu sais bien que c’est pas pareil. Si t’avais pas eu autant la trouille, tu l’aurais vécu autrement, tu le sais parfaitement. Si Môssieur, la trouille ! Même que c’est la trouille qui t’a finalement poussé dans le trou, à force d’avoir peur de tomber dedans, tiens.

Ouais, ben, ma philosophie de vie à deux balles, c’est la mienne, et pour le moment, j’ai pas trouvé comment en changer. Et puis non, c’est pas ça que je dois changer, surtout que c’est impossible, vu que c’est moi. Mais bon, je trouverais bien. Peut-être quand je chercherai plus, oui, voilà. Donc faut que je me laisse aller, que j’abandonne, que je baisse les bras, que je m’enterre vivante et que je ne cherche plus rien ! Tu vois, j’ai tout compris !

Allez, j’te charrie, t’inquiète pas, ça passera, sûrement, ça passe toujours, tu sais bien.

Je te laisse, j’ai du travail qui m’attend au bureau.

Bisou quand même, va.
Lyly
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Lysange Delabay

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MessageSujet: Re: Les lettres à Ben.   Ven 27 Juil - 18:30

Citation :
Le 27/07/38

Hey Ben’,

Oui, je sais, ça fait un moment. Peut-être parce que j’étais bien occupée, ou que ça avançait dans ma vie suffisamment pour ne pas avoir envie de venir te le raconter, ou peut-être aussi que j’avais trouvé une forme de sérénité, qui m’a quittée puisque j’éprouve aujourd’hui le besoin de t’écrire.

Mmh, je sais pas, une forme de tristesse, que je ne m’explique pas.

Pourtant j’essaye bien de prendre les choses comme elles viennent, sans me poser de questions, comme tu me l’expliquais, mais par moments je doute, je me questionne, et puis surtout j’ai le sentiment de glisser, de baisser ma garde et de me mettre en danger, avec le risque de le payer très cher, un jour prochain.

Mais si, tu sais très bien de quoi je parle.

Les anciens démons ne sont jamais bien loin et ne demandent qu’un petit moment d’inattention pour ressurgir, encore plus virulents qu’avant, justement parce que la barrière savamment construite a été baissée. La preuve, là ils tambourinent derrière la porte et je peux rien y faire, sinon attendre que ça passe. Enfin bref, comme d’hab’ quoi.

Sinon, ça barde par ici, tu sais. En ville tout le monde parle de guerre, mais cette fois c’est entre la Horde et l’Alliance, au moins ça change. Mr Pignac a écrit au Grand Patron pour savoir si on pouvait participer et il a accepté, il a même dit qu’on « devait ». Du coup, nous, au domaine, on travaille deux fois plus pour préparer des bêtes qui vont aller se faire tuer de l’autre côté de la Grande Mer. C’est assez triste, je trouve, mais ce n’est pas à moi de décider de ce qui est bien ou pas, donc je fais ce qu’il faut. Et puis on forme une bonne équipe, maintenant, avec Mr Pignac, et j’ai pas envie de gâcher ça par des idées personnelles qui ne regardent que moi.

J'ai décidé de retourner voir  Sacha à la fin du mois prochain, j’a posé une semaine de congé. Bah, j’ai envie de me sentir aimée, comme quand on est dans une famille tu vois, et c’est bien la seule personne qui puisse en faire office, et puis j’ai pas mal de questions à lui poser. Je me dis aussi que peut-être elle pourrait m’apprendre des trucs, je vais voir.

Enfin voilà les petites nouvelles ! Hum ? Ah.. non, ça j’avais mis de côté, pas trop la tête à ce type d'écriture. Mais je recommence sérieusement  à y penser, peut-être parce que justement je sens que je dérape et qu'il me faut reprendre le contrôle de tout ça. « Il ne faut pas que tu mettes tous tes oeufs dans le même panier ! ». Tu vois, je m’en souviens encore, même si j’ai pas encore vraiment tout compris ce que tu voulais dire et surtout comment je dois faire.

Mais bon, tu vois, de t'avoir écrit je vais déjà mieux. Tu restes utile, en fait, même là où tu es, tu peux aller le dire au gars qui te garde là bas, tiens.

Allez, je file, j’ai du travail, à bientôt.

Bisou,
Lyly

 
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Lysange Delabay

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MessageSujet: Re: Les lettres à Ben.   Ven 10 Aoû - 18:46

Citation :
Le 10/08/38

Hey Ben’

Oui, je sais, ça fait un bail. J’étais occupée, trop sans doute, pour penser à toi. Et puis là, je sais pas, me voilà assommée, et c’est à toi que j’ai envie de parler.

Pourquoi ? … sans doute parce que je vois bien que si c’est mon corps qui parle, en fait c’est à l’intérieur de mon âme que ça déconne. Parce que ça crie à l’intérieur, très fort, de plus en plus fort, mais comme je fais des efforts énormes pour ne pas écouter, forcément qu’à un moment ça peut plus fonctionner et mon corps me fiche un grand coup de mou pour m’obliger à m’arrêter et me regarder faire, ou penser.

Et me voilà à vouloir t’écrire. Logique.

Alors, il se passe quoi… difficile à dire.

Oh, ce n’est pas que je ne vois pas ce qui se passe, bien au contraire, mais c’est plutôt que justement je ne comprends pas pourquoi je me laisse perdre le contrôle avec tous les risques que je connais parfaitement, le principal étant d’en souffrir comme une conne quand ça va brutalement s’arrêter pour une raison que j’ignore encore. Enfin, en même temps, je dis ça mais je sais bien que je n’y peux pas grand chose, en fait.

Bref !

Ce matin, j’écoutais des gens savants parler d’une femme* qui a voulu faire de sa vie une oeuvre d’art, une tête tu vois, le genre de fille qui pense à 10 000 à l’heure et qui l’écrit de plein de façons différentes. Cette femme-là a connu plein de types qui pensaient et écrivaient, comme elle, mais comme c’étaient des histoires amoureuses on a dit qu’elle était leur muse, comme si elle n’avait jamais rien fait d’autre, ce qui est totalement faux. Donc, j’écoutais et ils disaient que pour faire de sa vie une oeuvre d’art, elle l’avait écrite, sa vie, pour devenir indépendante, parce que pour elle c’était ça le seul vrai but à avoir, pour une femme, être libre,  indépendante, de corps et d’esprit. Et pour y arriver, elle s’est regardée être, et elle s’est racontée. Un peu comme je fais là, je me suis dit. D’où le fait que je me retrouve à t’écrire maintenant.

Ensuite, ce coup de massue qui m’oblige à me regarder faire….

Ce matin encore, au réveil suite à un rêve, je repensais à ce type que j’ai rencontré au printemps. Ou plutôt, que j’ai connu au début de l’automne et que j’ai rencontré ensuite chez lui le temps d’une fin de semaine. Pourquoi je t’en ai pas parlé ? .. Hum… parce que je t’écrivais pas encore à ce moment là, tout simplement !

Donc.. c’est un type qui est tout comme moi, vraiment, sauf que c’est un mec. Alors forcément, très vite, on a eu plein de choses à s’échanger, à se dire, indirectement, mais justement, sans doute parce que ça allait trop vite pour lui, voilà qu’il a construit des tas de barricades entre lui et moi, des mises en garde, que ceci, que cela, etc.  Alors, à force, tout en ayant envie de le voir,  je me suis mise aussi à construire des petites barricades dans ma tête, et quand il m’a invitée chez lui, une fois qu’il n’avait plus peur, ben moi j’y suis allée, toute contente, mais mes petites barricades étaient toujours là, bien solides dans ma tête. Et pas moyen de les enlever.

Pourtant  j’ai passé trois jours merveilleux, doux, tendres, sincères, mais il n’a pas obtenu de moi ce qu’il espérait. J’ai été présente, totalement présente, mais je suis restée incapable de partager autre chose que des conversations, des rires, des rêves, des choses de l’esprit, alors que les choses du corps auraient été intenses, c’était évident.

Alors il a été très déçu, je le sais, même s’il n’en a rien dit, n’a rien montré, n’insistant pas pour que l’on se revoit, sur le moment en tout cas. Mais, tu vois, je me dis qu’il avait construit son propre échec, me concernant, et je me suis demandé ce matin s’il s’en était rendu compte. Sans doute pas, car je n’ai pas non plus su lui dire combien il m’avait fait mal à douter de moi, avant que l’on se voit.

Alors ces deux choses mélangées m’ont amenée à me questionner sur ce que j’attends de la vie et je sens bien que c’est ce qui m’assomme, ce doute qui me prend depuis quelques jours. J’attends quoi, au final. J’espère quoi. Pourquoi je suis toujours à espérer une rencontre. Pourquoi je ne fais pas comme cette femme qui avait comme objectif de vivre libre. Pourquoi je crois que je serai plus forte, plus vraie, plus libre même, si je suis en amour.

Ça me questionne vraiment, là,  tu vois. Et ça m’épuise, ça m’assomme, ça me mine même, au fond.

Parce que, avec tout ça, qu’est ce que j’écris de moi, en ce moment, pas grand chose. Il est où ce projet de ne plus faire que ça pour payer le loyer, écrire, juste écrire. Envolé, oublié, remisé ? Non. C’est toujours là, en moi, mais je me dis que ce n’est peut-être pas ça le problème, écrire pour payer le loyer, justement.

Quand je correspondais avec ce type, au début de l’année, j’en ai rencontré d’autres, des mecs sensibles, dont un avec qui j’ai même eu le projet de partager une création gnomographique… enfin bref, à cette époque là j’ai beaucoup réfléchi, écrit, sur tout ça et j’en étais arrivée à la conclusion que ce qui comptait, pour moi, c’était d’être en amour et de le partager via quelque chose d’artistique. Point final.

Alors, qu’est ce qui m’assomme aujourd’hui ? De ne pas être contente de moi parce que je n’écris pas « le » truc qui me permettra de payer les dix prochaines années de loyer, ou autre chose ? Hum… oui, t’as raison, c’est bien autre chose.

Tu vois, j’avais besoin de démêler tout ça et j’y suis arrivée, en t’écrivant. Maintenant je peux passer à autre chose.
Merci Benjamin, à une autre fois, je suis certaine que ce besoin là me reviendra.

Bisou,
Lyly











*Référence à Lou Andréas Salomé, « muse » de Nietzshe, Rilke, Rée et même Freud.
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Lysange Delabay

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MessageSujet: Re: Les lettres à Ben.   Hier à 19:10

Citation :
Le 21/09/38
Coucou Ben’, me revoilà.

J’espère que tu ne m’en voudras pas de me servir de toi aujourd’hui pour mettre au clair ce qui se passe en moi, mais je n’ai pas trouvé d’autre moyen pour refaire surface. En fait depuis hier je me sens couler et je ne sais pas pourquoi. J’ai le coeur qui déborde, il est au bord des larmes. Des larmes qui perlent rien qu’en l’écrivant, ce qui correspond à un flot d’émotions que de toute évidence je ne gère pas, et c’est franchement problématique.

Alors, comme je sais que de te raconter ma petite vie m’oblige à me regarder faire et être, ce qui me permet de comprendre et ensuite de relativiser, je me dis que c’est certainement le meilleur moyen pour m’éviter de plonger encore plus profondément que je ne le fais déjà.

Alors.. oui… Que s’est-il passé hier ? Rien de spécial, vraiment, sinon qu’il y a eu beaucoup de travail et surtout de rencontres, beaucoup d’énergie à transmettre, d’attention à donner, et j’ai trouvé ça usant, bien plus qu’à l’ordinaire.

Pourquoi ? C’est bien ça qui me questionne, parce qu’il n’y avait rien de vraiment différent, en face. C’était peut-être même plus facile car j’étais là sans y être.

Donc cela viendrait de moi, puisque je n’appréhende pas les choses, les gens, de la même façon.

Depuis quand ? Bah… pas depuis ma dernière lettre, non, ce serait faire remonter ce malaise à trop loin. Non, je dirais… une semaine, peut-être deux, ou peut-être simplement quelques jours. Franchement, je ne sais pas. Je dirais plutôt que c’est une évolution, qui était sous-jacente et qui transparaît aujourd’hui, sans doute parce que l’intensité de ma journée d’hier l’a fait remonter. Or si je suis au bord des larmes, c’est qu’il s’agit d’émotions, d’une sensibilité qui éclot malgré moi.

Du négatif ? … c’est clair que c’est gênant, voire même handicapant et même vaguement douloureux, mais je ne crois pas que ce soit foncièrement négatif, même s’il y a une forme de tristesse qui remonte en même temps. De la nostalgie, du désir émotionnel aussi, une forme d’attente inassouvie.  

Hum ? … oui… j’ai dit ça, « j’étais là sans y être ».

C’est clair que souvent, dans la journée, je ne suis pas vraiment là, même si je suis bien certaine que personne ne s’en rend compte, tellement je donne de moi. D’ailleurs on me le dit, et on m’en remercie, tout à l’heure encore, donc ça ne se voit pas. Ce serait donc une bonne chose, puisque ça m’évite de trop m’impliquer.

Mais c’est ça qui me rend triste, en fait. Je voudrais être ailleurs, et totalement impliquée.

Où ça ? Hum… bonne question.

Peut-être n’est ce pas une question de lieu, mais d’entourage, de présence, de type d’émotions aussi. Je ne suis pas vraiment moi-même dans ce genre de situations. Pourtant je ne triche pas, mais il y a une partie de moi qui ne peut pas se dire, même si elle transparaît, inévitablement.

Donc je ne serais pas totalement moi-même ? Pourtant si...   mais il y a un espace en moi, que je ne peux pas exprimer ou dévoiler, parce que ce n'est pas le bon endroit, et je sais qu'il ne sera pas reçu comme je le souhaiterais…. Pourquoi ? Parce qu’il ne s’exprimerait pas avec les bonnes personnes, ou plutôt même avec la bonne personne.

Ok, c’est bon, j’ai compris, tout est dit.

Ça passera.

Merci Ben’, je vais mieux, si, si.
Bisou, Lyly.
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